Risques de famine en Centrafrique (ONU)

Risques de famine en RCA: le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU tire la sonnette d'alarme Copyright de l’image s
Image caption Risques de famine en RCA: le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU tire la sonnette d'alarme

Des personnes pourraient mourir de faim en Centrafrique, si la communauté internationale ne vient pas en aide à ce pays, selon un responsable onusien.

"C'est maintenant que la crise humanitaire va commencer à s'accentuer. Si on n'y fait pas attention, on va bientôt avoir des gens qui meurent de faim en

Centrafrique", a averti Abdou Dieng, coordonnateur humanitaire des Nations unies en Centrafrique.

"Il y a ici une pauvreté extrême. Comme la population a peur elle ne rentre pas chez elle. Les paysans ne s'occupent pas de leurs champs. Ceux à qui des semences avaient été distribuées les ont mangées, car ils n'avaient pas le choix", a expliqué Dieng à l’AFP.

Agir maintenant

"Les stocks des commerçants musulmans qui ont été pillés ces derniers mois sont terminés. C'est maintenant que la crise va s'accentuer. C'est maintenant qu'il faut agir", a insisté Abdou Dieng.

"Si on n'y fait pas attention on va commencer à avoir des gens qui meurent de faim dans quelques semaines ou dans quelques mois. La situation est catastrophique à Bangui, Bossangoa et Kaga-Bandoro", a-t-il ajouté.

Le financement fourni par les agences onusiennes "est encore extrêmement faible", a-t-il déclaré, précisant que sur les 500 millions de dollars promis à la Centrafrique par la communauté internationale, à Bruxelles le 20 janvier, seuls 100 millions ont été fournis.

"Il faut que les pays amis de la Centrafrique se penchent sur cette question. Il faut injecter de l'argent dans ce pays car pour l'instant tout est à l'arrêt", a poursuivi Dieng.

La présidente de transition, Catherine Samba Panza, a en revanche estimé dimanche que la situation s'était "énormément améliorée" depuis sa prise de fonction il y a un mois.

Dix mille hommes supplémentaires

"Quand je suis arrivée à la tête de l'Etat il y avait une crainte d'un embrasement général, d'une guerre civile. Les choses se sont énormément améliorées depuis fin janvier", a-t-elle dit à des médias internationaux.

"L'insécurité qu'il y a à Bangui depuis pratiquement un an et demi ne peut pas se résorber du jour au lendemain", a-t-elle souligné, ajoutant qu’"il y a toujours des pics de violences, mais les choses s'améliorent".

Elle souhaite le déploiement d'une opération de maintien de la paix onusienne forte d'environ "10.000 hommes", pour soutenir les effectifs des forces françaises de l'opération Sangaris (2.000 hommes) et africaine Misca (5.700).

En ce qui concerne la transition qui doit s'achever en février 2015, la présidente de transition a promis de travailler à "des élections crédibles, libres et transparentes".

Elle signale par ailleurs qu’"à l'intérieur du pays, nous n'avons plus de magistrats, ils sont tous à Bangui pour des raisons de sécurité".

"Il n'y a plus de prison, les brigades de gendarmerie n'existent pratiquement plus, les commissariats de police ont tous pratiquement disparu", a-t-elle déclaré.