Procès Pistorius: un témoin à décharge

  • 6 mars 2014
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Image caption L'athlète sud africain Oscar Pistorius en compagnie de son avocat Me Barry Roux

Le médecin Dr Johann Stip a déclaré au tribunal que la première réaction de l'athlète quelques minutes après le drame était d'affirmer qu’il avait pris sa petite amie pour un cambrioleur, essayant lamentablement de la ramener à la vie.

Le médecin qui a décrit la scène du drame sur laquelle il s'est précipité immédiatement après le tir fatal est un voisin de l’athlète.

Dr Johann Stip a déclaré au tribunal qu'il a été réveillé par des coups de feu.

Il a affirmé qu'il est entré dans la maison de Pistorius, a trouvé une femme couchée sur le sol et un homme qui essayait de l’aider à retrouver ses fonctions respiratoires.

"La première chose qu'Oscar a dite", a témoigné le médecin, "c'est, j'ai tiré sur elle. J'ai cru qu'elle était un cambrioleur, j'ai tiré sur elle".

Selon le témoin, Oscar Pistorius priait ce jour-là à haute voix pour que sa petite amie Reeva Steenkamp revienne à la vie.

"Il pleurait, il priait, il parlait à Dieu, faisait des promesses et demandait à Dieu s'il te plaît, laisse la vivre, ne la laisse pas mourir", a poursuivi le médecin, avant d'ajouter à la demande de l'avocat: "Il m'avait l'air sincère, il pleurait, son visage était couvert de larmes. Il essayait de l'aider."

Le témoin dit qu’il s'est même inquiété que Pistorius mette fin à ses jours quand il l'a vu ensuite remonter dans sa chambre.

L’avocat de la défense a précédemment accusé un témoin clé de l’accusation d’avoir délibérément mal interprété la preuve pour incriminer Oscar Pistorius.

Le témoin Charl Johnson, qui est l'un des voisins de l’athlète a nié les intentions que lui prêtait l'avocat Barry Roux.

"Madame, je ne suis pas d'accord. Je n'ai aucune raison de vouloir concevoir une déclaration incriminante dans ce cas. Ce n'est pas la vérité. a-t-il expliqué à la juge pour se défendre, sous la pression des questions de Me Barry Roux.

Charl Johnson a affirmé comme son épouse lundi et mardi, avoir entendu des cris de femme, des appels à l'aide d'un homme, et des coups de feu.

L'avocat a tenté de faire dire à Charl Johnson que les sons qu'il avait entendus à trois heures du matin, à près de 180 mètres de distance, n'étaient pas des coups de feu, mais le bruit de la batte de cricket que Pistorius a utilisée pour défoncer la porte des toilettes, après avoir abattu sa petite amie qui y était enfermée.

Sur le nombre de coups de feu, Charl Johnson a repondu à l’avocat un peu taquin sur les sens que "les sens sont la vue, l'odorat, le toucher, le goût et l'audition, et qu’il ne les utilise pas pour compter..."

Il a également expliqué que dans cette banlieue à l'extérieur de Pretoria proche d'une réserve animalière, le son se propage incroyablement bien la nuit.

"Parfois avec mon épouse, nous entendons les jappements des chacals dans la réserve", a-t-il raconté.

Mercredi au cours de la troisième journée du procès, trois nouveaux témoins appelés à la barre ont tous affirmé avoir été témoins d’un incident dans un restaurant de Pretoria où Oscar Pistorius qui déjeunait avec des amis a accidentellement déchargé l’arme que lui tendait un de ses amis sous la table.

Selon le boxeur Kevin Lerena, Oscar Pistorius voulait juste regarder l’arme car il souhaitait en acheter une similaire et le coup est parti.

Lerena a aussi ajouté que l’athlète choqué avait fait ses plus plates excuses.

Le parquet a joint au dossier cet incident, accréditant la thèse selon laquelle Oscar Pistorius aimait manier les armes à feu et avait une conduite irresponsable.