Le Kenya légalise la polygamie

Image caption Si la proposition devient loi, l'âge minimum pour se marier sera fixé à 18 ans et ce pour toutes les cultures

Au Kenya, les députés femmes ont claqué la porte lors d’une session parlementaire à cause d’une loi sur la polygamie.

Les élus hommes ont voté pour que la nouvelle législation sur le mariage autorise les hommes à épouser autant de femmes qu’ils le souhaitent sans consulter leur première femme.

Ce projet de loi formalise en droit kényan des lois coutumières notamment la polygamie.

Traditionnellement, les premières épouses sont supposées donner leur consentement préalable.

Mais les élus hommes ont décidé de se passer de cette clause au grand dam de leurs collègues femmes.

Celles-ci surpassées en nombre n’ont pu stopper la loi qui doit maintenant être signée par le président pour entrer en vigueur.

Le député Samuel Chepkong'a, qui a proposé l’amendement, dit que lorsque qu’une femme se marie sous la loi coutumière, elle sait que l’union est ouverte à la polygamie.

D’après lui, la consultation est donc inutile, dans des propos rapportés par le Quotidien kényan la Nation.

Son opinion est partagée par le député Mohammed Junet qui explique «Quand vous épousez une femme africaine, elle doit savoir que la deuxième va suivre, puis la troisième…c'est l'Afrique" a-t-il ainsi déclaré au site web Capital News.

Des déclarations qui ne sont pas du goût des élus qui estiment qu’une telle décision affecte toute la famille y compris la situation financière des autres épouses.

"En tant qu’homme il vous incombe d’avoir le cran d’admettre que votre femme et votre famille ont le droit de savoir”, a jugé l’élue Soipan Tuya, la réprésentante des femmes pour le département de Narok.

Cela faisait des années que la nouvelle loi sur le mariage était en discussion et certaines des propositions initiales ont été abandonnées.

Des propositions pour assurer l’égalité des droits de propriété et d’héritage ont été altérées.

Une femme aura droit à 30% des biens matrimoniaux après le décès ou le divorce.

Selon les lois actuelles au Kenya, une femme doit prouver sa contribution à la richesse du couple.