Le M23 veut une amnistie élargie

  • 21 avril 2014
Image caption Bertrand Bisimwa avait signé la fin du conflit à Nairobi au nom de son mouvement

La rébellion congolaise du Mouvement du 23 mars, le M23, s'en est pris lundi au gouvernement congolais qu'il accuse de violer la loi d'amnistie.

Le M23 fait allusion à une loi promulguée en février dernier et qui consacre une absolution pour les responsables de faits insurrectionnels, de faits de guerre et d'infractions politiques.

Cette loi qui a suscité une controverse avant son adoption exclut en revanche les auteurs présumés de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et autres violations graves des droits de l'homme, comme celles relevant de la compétence de la Cour pénale internationale, CPI.

Selon le bras politique de l'ex-rébellion, qui s'est auto-dissoute après sa défaite militaire en fin de l'année dernière, le gouvernement congolais viole la loi d'amnistie en écartant d'office une centaine de ses membres accusés de crimes graves.

Le président politique du mouvement, Bertrand Bisimwa, dénonce l'existence d'une liste établie d'avance.

"C'est une violation flagrante de la loi d'amnistie et des déclarations (de paix) de Nairobi," s'est insurgé M. Bisimwa dans un communiqué.

"Notre Mouvement condamne cette tentative de torturer méchamment la loi pour la rendre personnelle."

Ce qui provoque la colère de l'ex-chef rebelle est la promulgation par le gouvernement d'une liste de près d'une centaine de membres du M23 non éligibles, dont le chef militaire de l'ex-rébellion, le général Sultani Makenga, et d'autres hauts gradés accusés de graves exactions dans la province du Nord-Kivu (Est). Cette liste avait été promulguée avant même l'adoption de la loi.

En fin décembre dernier à Nairobi, Kinshasa, le mouvement et le médiateur ougandais ont formellement mis fin au conflit. Et Kinshasa s'était alors notamment engagé à voter une loi d'amnistie "qui n'est pas une amnistie générale et qui ne porte que sur les faits de guerre et d'insurrection".