Gabon: la réforme des salaires

  • 4 mai 2014
Ali Bongo dit vouloir mettre de l'ordre dans la rémunération des fonctionnaires gabonais Image copyright AFP
Image caption Ali Bongo dit vouloir mettre de l'ordre dans la rémunération des fonctionnaires gabonais

Le gouvernement gabonais déclare qu’il veut mettre de l’ordre dans le système de rémunération des fonctionnaires.

Dans ce pays d’Afrique centrale, 9.000 agents touchent des primes allant jusqu'à 100 millions de francs CFA, soit 150.000 euros, par mois.

Ce système de traitement est le résultat du système des "fonds communs", qui est vieux de 40 ans et doté d'une cagnotte annuelle de 212 milliards de francs CFA, soit 323 millions d'euros.

L'objectif affiché à la création de ces fonds, en 1974, était d'assurer un revenu suffisant aux fonctionnaires chargés de collecter et de gérer l'argent public, afin qu’ils puissent résister à la corruption.

Mais ce système a abouti à de nombreux abus. Certains hauts fonctionnaires empochent des bonus aux montants astronomiques.

Une "nécessité impérieuse"

Selon le président Ali Bongo Ondimba, la réforme du système de rémunération des fonctionnaires répond à une "nécessité impérieuse de restructurer l'administration".

Mais certains observateurs considèrent qu’il s’agit d’un message adressé aux Gabonais en prévision de l’élection présidentielle de 2016.

Beaucoup de fonctionnaires gabonais à la retraite continuaient de percevoir leurs primes sans aller travailler. "Et certains responsables pouvaient toucher jusqu'à 100 millions de francs CFA mensuels", a expliqué à l’AFP la porte-parole du gouvernement, Denise Mekamne.

Pour mettre fin à ces excès, les "fonds communs" seront transformés en Prime d'incitation à la performance (PIP).

La PIP garantira "une rétribution de la performance collective et individuelle des fonctionnaires, sur la base de critères d'évaluation transparents", a précisé Mekamne.

Selon elle, le nouveau système récompensera surtout "l'assiduité", "la ponctualité et "le respect de la hiérarchie".

Cette année, la PIP sera plafonnée à 100 milliards de francs CFA - soit 150 millions d’euros - et profitera à 30.000 agents, plus de trois fois le nombre actuel de bénéficiaires des "fonds communs".

"De nouveaux abus"

L'intersyndicale Douanes-Impôts-Trésor adhère officiellement à cette mesure. "L'initiative du président est bonne, nous soutenons le principe, mais on craint de nouveaux abus", a expliqué Saturnin Odouma, son porte-parole.

Et le chômage frappe plus du tiers des jeunes Gabonais, indiquent des estimations récentes de la Banque mondiale.

Le Gabon, un pays riche en matières premières (pétrole, fer, manganèse, or, bois...), est peuplé de seulement 1,5 million d'habitants.

La réforme fait l’objet d’un projet de loi qui sera présenté au parlement dans les prochains jours.