Kenya : le hashtag qui fait polémique

  • 10 juin 2014
vera sidika
Deux photos récentes de Vera Sidika sur sa page Instagram.

Le débat sur le blanchiment de la peau est relancé au Kenya, après qu’une star des réseaux sociaux, Vera Sidika, ait révélé ses dépenses de dizaines de milliers de dollars pour le traitement – rendant populaire le hashtag #BleachedBeauty.

Vera Sidika est parfois surnommée "la Kim Kardashian du Kenya". Vendredi soir, dans une interview à la télévision kényane, elle a ouvertement parlé de sa récente opération d’éclaircissement de la peau. "Etre jolie est mon business", a-t-elle affirmé d'un ton neutre. "Je fais ce que je veux de mon corps." Sidika a expliqué que son opération s’était déroulé au Royaume-Uni et avait coûté environ 15 millions de shillings kenyans ($ 170,000; £ 100,000).

Très vite, les réactions sur les médias sociaux kenyans ont pris beaucoup d’ampleur. "J'ai été accusé de promouvoir une idée de la beauté centrée sur la blancheur", a déclaré l'animateur de l'émission Larry Madowo. La chaine de télévision NTV a décidé de poursuivre le débat dans une émission, encourageant les gens à partager leurs idées en utilisant le hashtag #BleachedBeauty.

Plus de 4.000 personnes l’ont fait, et beaucoup de commentaires étaient plutôt accablants. "#BleachedBeauty n’existe pas vraiment. Seuls des gens sans estime de soi seraient capables de tweeter avec ce hashtag", a écrit une internaute. "Les femmes #Bleachedbeauty vont bientôt tenter de blanchir leurs cerveaux afin qu'elles aient des idées brillantes," a tweeté une autre.

Certains ont tout de même défendu Sidika sur Youtube, soulignant "son ouverture et son honnêteté".

Contrairement à l'Inde, où les crèmes éclaircissantes sont largement utilisées, au Kenya les opérations d’éclaircissement de la peau restent très secrètes, et se font généralement dans de petites salles clandestines. Les experts mettent en garde contre les traitements non réglementaires utilisés sur le marché noir.