Cameroun/RCA: grève des camionneurs

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Image caption Les transporteurs camerounais annoncent que les marchandises de la RCA seront déchargées à la frontière.

Les camionneurs camerounais qui font le trajet de Garoua Boulai au Cameroun à Bangui en RCA exigent un nouveau dispositif de sécurité avant la reprise de leurs activités de plus en plus réduites au déploiement humanitaire.

Ils ont exprimé leur ras-le-bol à la suite de l’assassinat d’un conducteur de camion attaqué par les anti-Balaka à la suite d’un accident.

La victime dont l’identité n’a pas été révélée, avait commis un homicide involontaire et cherchait en vain refuge chez les éléments de la Misca, selon Ibrahima Yaya, président du syndicat des camionneurs du Cameroun.

"On a été surpris de constater que les anti-Balaka ont récupéré notre adhérent devant les forces de la Misca, l’ont poignardé, tué et brûlé vif alors que le camion était escorté par cette Misca", a-t-il déclaré, précisant que la scène s’est déroulée dans le village de Balembé dans la zone de Baouro vers la frontière.

Tous les transporteurs de toutes les nationalités ayant un transit en RCA sont escortés par les éléments de la Misca ou la force Sangaris depuis le début de la crise dans ce pays voisin du Cameroun.

Les syndicalistes exigent la présence du Général de la Misca en vue de déterminer de nouvelles résolutions et de nouvelles orientations pour l’escorte des camions en direction de la République Centrafricaine.

Ils souhaitent également obtenir une rencontre avec les ministres camerounais et centrafricains en charge des transports.

"Les chauffeurs ne sont pas des mouches ou des moutons qui doivent être tués chaque fois sans que les Etats ne puissent prendre les tueries en compte", s’est indigné Ibrahima Yaya.

Il a expliqué qu’en général, c’est la marchandise du programme alimentaire mondial que les transporteurs déplacent ces derniers temps en direction de Bangui, plus pour des raisons humanitaires que commerciales.

"C’est un corridor humanitaire pour aider les populations en détresse mais compte tenu du fait que nous sommes la cible des tueries alors que nous voulions simplement desservir nos frères de la Centrafrique, nous avons opté de nous arrêter et si les autorités que nous avons demandées ne viennent pas, nous serons obligés de décharger la marchandise au niveau de la frontière", a-t-il annoncé.

Les syndicalistes mécontents ont déclaré qu’ils ont enregistré environ 5 assassinats de conducteurs en 6 mois sur l’axe allant de Garoua Boulai au Cameroun à Bangui en RCA.