Cameroun : ils boudent Guillaume Soro

  • 12 juin 2014
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Image caption Le chef du parlement ivoirien Guillaume Soro a dit aux députés camerounais que sa vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille.

Des députés du principal parti de l’opposition, le SDF, ont quitté l’hémicycle pour protester contre la présence du président de l'assemblée nationale de Côte d’ivoire au Cameroun.

Alors que Guillaume Soro s’apprêtait à s’exprimer devant les parlementaires camerounais, les 18 députés du Social Democratic Front sont sortis pour marquer leur opposition à sa présence dans leur pays lorsqu'il a été inroduit par le président de l’assemblée nationale camerounaise.

La formation politique qui avait déjà publié un communiqué appelant à l’annulation de cette séance oratoire, accuse Guillaume Soro d’avoir du sang sur les mains et d’avoir déstabilisé son pays.

"Guillaume Soro n’est pas un bon exemple que les camerounais ou les jeunes africains puissent copier", a déclaré le président du groupe parlementaire du SDF Joseph Banadzem qui a exprimé qu’en ce moment, "plus de 100 mille ivoiriens sont en exil et plus d’un millier de personnes sont emprisonnées et dont ses rivaux."

Le député de l’opposition a ajouté en parlant du président de l’assemblée nationale ivoirienne que "son profil est assez expressif."

"Depuis l’adolescence dit-il, s’est toujours illustré par la rébellion et Il vient au Cameroun pour enseigner aux jeunes comment se rebeller contre un gouvernement stable et proprement élu, il n’est donc pas le bienvenu, c’est pour cela que nous avons déclaré Guillaume Soro persona non grata au Cameroun", conclut-il.

Malgré la fronde de ces députés de l’opposition, Guillaume Soro a pu tenir son discours devant les autres membres de la représentation nationale du Cameroun.

Le président de l’assemblée nationale de Côte d’ivoire a déclaré que cet incident symbolisait le dynamisme de la démocratie camerounaise et que sa vie n’avait jamais été un long fleuve tranquille.

Guillaume Soro a même assimilé son combat à celui des héros nationalistes camerounais assassinés durant l’époque coloniale et les luttes d’indépendance.

"Oui, comme Martin-Paul Samba, Edandé Mbita, furent rebelles contre le colonialisme allemand ici au Cameroun, je le suis devenu !"

"Comme Ruben Um Nyobè, Félix Moumié, et bien d'autres, furent rebelles contre le colonialisme français ici même au Cameroun, je le suis devenu!" A-t-il énuméré.

Il a ensuite précisé qu’il était "rebelle contre toute politique occidentale, asiatique, américaine ou africaine qui normalise l'injustice, les discriminations, le mépris et l'exploitation quotidienne de l'homme par l'homme."

"Telle est la cause à laquelle j'ai dédié ma jeunesse et mes facultés", poursuit-il.

Son homologue camerounais Cavaye Yegue Djibril a regretté que le SDF qui avait promis de bien se tenir,n’ait pas respecté sa parole.

Dans son discours, Guillaume Soro a aussi évoqué le terrorisme, notamment la secte islamiste Boko Haram pour laquelle il a suggéré un débat interparlementaire sur la question.

"Vaincre Boko Haram n'est pas seulement une nécessité, c'est un Devoir Sacré, pour la sauvegarde de nos valeurs d'humanité", a-t-il recommandé avant d’ajouter : "nous, parlementaires Africains, devons comprendre que ce n'est pas seulement une affaire exclusive de nos exécutifs."

Le visiteur de marque de l'ouverture de la deuxième session ordinaire du Parlement camerounais a également dénoncé certains discours panafricanistes non sans écorcher au passage les partisans de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.