Le terrorisme "distrait" des ressources

  • 14 juin 2014
Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères Copyright de l’image AFP
Image caption Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères

Mohamed Bazoum déclare à BBC Afrique que la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest oblige les Etats de la sous-région à faire des équipements militaires une priorité, au détriment des besoins sociaux et économiques.

Selon lui, la lutte contre les groupes djihadistes "distrait des ressources qui auraient pu être utilisées à des fins de promotion sociale et économique".

Cet argent devrait être investi dans l’économie et le social, mais il est orienté vers "des investissements à caractère militaire et sécuritaire", pour contrer l’action de Boko Haram et d’Aqmi, Al Qaïda au Maghreb islamique, explique Mohamed Bazoum.

"Pour des pays comme les nôtres, la sécurité aurait pu être une préoccupation secondaire, mais à cause du terrorisme, elle est devenue une préoccupation centrale. Elle a même une préséance sur toutes les préoccupations, même sur le plan de nos allocations budgétaires", signale le ministre nigérien des Affaires étrangères.

Son pays, où le groupe djihadiste Aqmi est actif depuis plusieurs années, a des défis à relever au plan sécuritaire, en raison de la présence du groupe islamiste armé Boko Haram au Nigeria voisin.

"Nous n’avons plus personne qui puisse avoir confiance à la sécurité de certaines parties de nos pays pour aller y investir ou faire du tourisme. C’est une mauvaise publicité pour nos Etats", ajoute-t-il.

Les attaques perpétrées par Aqmi et Boko Haram sont à l’origine de cette situation, selon lui.