Réactions après le procès des journalistes

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Image caption Le personnel de BBC News tiendra une minute de silence, à Londres, mardi à 09h41 BST.

Les peines d'emprisonnement de sept ans remises aux trois journalistes d'Al-Jazeera, accusés de soutenir les Frères musulmans égyptiens, ont conduit à un tollé international.

Peter Greste, Mohamed Fahmy et Baher Mohamed ont été reconnus coupables de diffusion de fausses nouvelles, lundi. Le trio a nié les accusations et devrait faire appel.

James Harding, directeur de BBC News, a déclaré qu'il s'agissait d'un "acte d'intimidation contre tous les journalistes."

Le secrétaire d'état américain John Kerry a décrit les peines comme étant "froides et draconiennes". M. Kerry aurait appelé le ministre égyptien des Affaires étrangères immédiatement après la fin du procès, et aurait parlé avec le président Abdul Fattah al-Sisi dimanche, lors de sa visite au Caire dans le cadre d'une tournée régionale. M. Kerry a ajouté que le président égyptien devrait répondre très rapidement aux préoccupations internationales à ce sujet.

Si l'affaire a été critiquée dans le monde entier, elle a été présentée différemment par les médias égyptiens. Al-Jazeera, basé au Qatar, a été interdit de diffuser en Egypte après avoir été accusé de sympathie pour l'ancien président Mohammed Morsi et pour les Frères musulmans. Al-Jazeera a toujours nié les allégations.

L’ONG Amnesty a déclaré que le procès était une "farce haineuse" et était inclus dans la "crise actuelle" entre l'Egypte et le Qatar, qui soutient les Frères musulmans. Philip Luther, directeur de la partie Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’ONG, a déclaré que c’était "une triste journée pour la liberté des médias en Egypte, où les journalistes sont enfermés ou étiquetés comme des criminels ou des «terroristes», simplement pour avoir fait leur travail." "Cela défie toute logique"

La ministre australien des Affaires étrangères, Julie Bishop, a déclaré qu'elle était "amèrement déçue" par ce résultat. En effet, Greste, un ancien journaliste de la BBC, est un citoyen australien. "Nous sommes profondément consternés par la gravité de la peine," a-t-elle ajouté.

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Image caption Le trio a nié les accusations et devrait faire appel.

Le frère de Peter Greste, Michael - qui est au Caire - a dit qu'il avait appelé ses parents en Australie, peu de temps après le verdict. "C'était un coup de téléphone très difficile. Ils sont particulièrement bouleversés et très en colère. Nous sommes tous très confus. Pour nous, cela défie toute logique," a-t-il affirmé.

"Ils ont juste ruiné une famille'', a déclaré le frère de Fahmy, Adel, qui a assisté à l'audience, ajoutant qu'il accordait peu de confiance au système."Tout est corrompu", a-t-il déclaré.

''Consterné''

Onze accusés jugés par contumace, dont trois journalistes étrangers, ont été condamnés à 10 ans de prison. Deux des journalistes condamnés par contumace sont britanniques. Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré qu'il était "tout à fait consterné". L’ambassadeur britannique James Watt, qui a également assisté à l'audience au Caire, s'est dit "très déçu" par le verdict. "La liberté d'expression est fondamentale dans une démocratie", a-t-il rappelé.

Bill Shorten, dirigeant du Parti travailliste australien, a tweeté: "Horribles nouvelles à propos de Peter Greste - les journalistes ne devraient pas être emprisonnés pour avoir exercé leur métier #FreeAJStaff".

La Haut-Commissaire des Droits de l'homme de l’ONU, Navi Pillay, a déclaré être "choquée et alarmée" par la condamnation, et a accusé les autorités égyptiennes d’"écraser" les médias.

Jeremy Bowen, redacteur en chef de BBC Moyen-Orient, a tweeté: "Condamnations honteuses de 7 ans prononcées pour des journalistes d'Al-Jazeera au Caire. L’euphorie égyptienne après la chute de Moubarak semble très loin."

James Harding a déclaré que la BBC, avec d'autres diffuseurs et organismes de presse, soumettra une lettre au président Sisi pour lui demander de s’occuper de "cette injustice". Le personnel de BBC News tiendra une minute de silence en dehors des nouveaux bureaux, à Londres, mardi à 09h41 BST (08h41 GMT), heure du verdict de lundi.

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