Zuma accélère la réforme agraire

  • 2 juillet 2014
Jacob Zuma
Image caption Comme il l'avait promis lors de sa campagne, le président Jacob Zuma a relancé le processus de restitution des terres

Jacob Zuma vient de signer une loi permettant d'accélérer la redistribution des terres aux populations noires sud-africaines, comme il l'avait promis lors de sa campagne électorale.

L'accélération de la réforme agraire était l'une des promesses faites à ses électeurs et le président semble vouloir la mettre en application.

En 20 ans de pouvoir, le processus de restitution des terres a été particulièrement lent.

Le contenu de cette nouvelle loi

Cette loi étend de 5 ans la date limite pour les demandes de restitution de terres spoliées par l'ancien pouvoir blanc. Les populations chassées de leurs terres ont maintenant jusqu'au 30 juin 2019 pour réclamer leurs terres perdues ou demander une compensation.

Cette loi vient compléter un processus précédent, achevé il y a 16 ans, en 1998, qui avait conduit à l'examen de 80 000 demandes. Un examen toujours en cours.

Le gouvernement s'était fixé de restituer le tiers des terres à des fermiers de couleur avant la fin 2014, mais au total, moins de 10 % ont été redistribuées en 20 ans de démocratie.

Accélérer la démarche

Il s'agit maintenant d'accélérer la démarche alors que l'ancien pouvoir blanc sous la colonisation britannique, puis l'apartheid avait conduit de nombreuses expulsions.

Une loi sur la terre de 1913 n'accordait aux non-Blancs que 10 % du territoire sud-africain. Avec cette nouvelle loi, près de 400 000 demandes pourraient être enregistrées, selon les autorités de Pretoria. L'opération doit coûter au budget de l'État entre 13 à 17 milliards de dollars environ sur quinze ans.

Réforme agraire

Le gouvernement envisage parallèlement une réforme agraire qui verrait les ouvriers agricoles recevoir 50 % des terres exploitées par des fermiers blancs.

Avec ce nouveau texte qui entre en application, certains investisseurs s'interrogent sur ce qui va se passer pour les entrepreneurs qui avaient acheté des terres, pensant qu'elles n'étaient pas concernées par la redistribution des biens fonciers.

Ils apparaissent aujourd'hui beaucoup plus vulnérables et pourraient bien faire face à de nouvelles demandes de restitution.

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