Guinée : le désarroi des parents

Image caption Des milliers de jeunes se sont déplacés vers la plage pour suivre le concert de deux rappeurs adulés dans la capitale

De nombreux parents sont venus identifier dans la matinée de mercredi le corps de leur enfant à la morgue de Conakry après la bousculade de la veille qui a fait au moins 33 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Ces jeunes gens étaient venus assister à un concert de rap organisé sur la plage de Rogbanè dans la banlieue de Conakry.

D’après la correspondante de la BBC, outre les parents qui ignoraient que leurs enfants avaient passé la soirée sur la plage pour assister au concert marquant la fin du Ramadan dans la banlieue de Conakry, il y avait également ceux qui n’ont pas encore retrouvé leur progéniture.

Certains d’entre eux cherchent encore leurs enfants dans tous les hôpitaux de la ville.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame et pour situer les responsabilités.

Le gouvernement a annoncé mercredi que le Conseil des ministres se réunira en séance extraordinaire dans l’après-midi sous la présidence du chef d’Etat Alpha Condé.

Musique urbaine

Des milliers de jeunes avaient pris d’assaut la plage de Rogbanè au lendemain de la fête de ramadan pour assister au concert de "Banlieuzart" et "Instinct Killer", deux groupes de rap en vue dans la capitale guinéenne.

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Image caption Depuis l'incident survenu à la plage de Rogbanè, le gouvernement a fermé les plages de Conakry

Un témoin a confié à la BBC que "10 000 tickets ont été vendus pour un lieu qui ne peut accueillir que 1000 spectateurs".

La bousculade aurait eu lieu lorsqu'un accident de moto a semé la panique, selon des témoins.

D’autres affirment qu’il y aurait simplement eu trop de monde et que la panique mêlée à la précipitation en fin de concert aurait causé cette bousculade.

Dans les mouvements de foule, les victimes ont été piétinées et étouffées sous le poids de la marée humaine.

Une semaine de deuil national

Un communiqué de la présidence de la république diffusé en boucle sur les antennes de la radiotélévision nationale annonce une semaine de deuil national décrétée par le président Alpha Condé.

Le texte annonce également la suspension du directeur général de l'agence guinéenne des spectacles et la fermeture provisoire de toutes les plages de la capitale guinéenne.

La Guinée n'en est pas à son premier drame sur une plage.

Le 2 janvier dernier, au moins six jeunes sont morts dans une bousculade sur une autre plage à Lambanyi dans la banlieue de Conakry lors d’un concert de reggae de l’artiste Takana Zion.