RCA : Mahamat Kamoun nommé PM

La présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a choisi Mahamat Kamoun comme nouveau chef du gouvernement Copyright de l’image Reuters
Image caption La présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a choisi Mahamat Kamoun comme nouveau chef du gouvernement

La présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza a nommé Mahamat Kamoun, un musulman, comme nouveau Premier ministre.

Kamoun, 53 ans, précédemment conseiller spécial à la présidence, a été nommé Premier ministre par décret présidentiel, en remplacement d'André Nzapayéké, a annoncé à la radio d'Etat un porte-parole de la présidence.

De confession musulmane et spécialiste des finances, il aura pour mission de relancer la transition politique.

Mahamat Kamoun a été directeur général du Trésor, sous le président François Bozizé, au pouvoir de 2003 à mars 2013.

Il sera aussi chargé de mettre en œuvre le fragile accord de cessez-le-feu, qui a été conclu fin juillet entre les protagonistes de la crise centrafricaine.

Cet accord a été signé par l’ex-coalition Séléka, majoritairement musulmane, et les anti-balaka, une milice essentiellement constituée de chrétiens, grâce à une médiation des autorités du Congo-Brazzaville.

Même s'il a été désigné à l'issue d'une large consultation, selon le décret présidentiel, Mahamat Kamoun ne semble pas faire l'unanimité au sein des acteurs de la crise centrafricaine, selon le correspondant de la BBC en RCA.

Son choix est salué par Brice Emotion Namsio, le porte-parole des anti-balaka. Il trouve qu'un tel choix pourrait éviter au pays de tomber une nouvelle fois dans le nouveau chaos.

Calme précaire

Mais Ahmat Nedjiad Ibrahim, porte-parole des ex-Séléka, signale que son mouvement reste attaché à l'accord de N'Djamena (Tchad), selon lequel le Premier ministre devrait être un musulman issu des rangs de l'ex-coalition rebelle.

"La Séléka est une coalition (…). Même si Kamoun a un lien de parenté avec l’ex-président Djotodia, il est de loin l'émanation de la base" de ce mouvement, a-t-il souligné.

Les violences entre les ex-Séléka et les anti-balaka ont fait des milliers de morts en République centrafricaine, de mars 2013 à maintenant. Des milliers de musulmans ont quitté le pays à cause de ces violences.

Les rivalités ont baissé d’intensité depuis plusieurs semaines. Le calme reste toutefois précaire.

Catherine Samba-Panza dirige un gouvernement de transition, depuis le début de l’année, en remplacement de Michel Djotodia, un ex-Séléka écarté de la présidence centrafricaine par les dirigeants de la Communauté des Etats d’Afrique centrale (CEAC), dont fait partie la RCA.