La Guinéenne moderne

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Image caption Dieretou Diallo est la bloggeuse à l’origine de la campagne numérique #GuineenneDu21esiecle

En 2016, la révolution digitale a affecté la manière dont de nombreuses personnes communiquent avec le reste du monde.

Une nouvelle génération de Guinéennes, modernes, actives et engagées, se sont alliées pour défendre les droits de leurs compatriotes en utilisant les réseaux sociaux.

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Dieretou Diallo est la bloggeuse à l’origine de la campagne numérique #GuineenneDu21esiecle lancée conjointement le 8 mars sur Facebook, YouTube, Twitter et Instagram.

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Image caption Sanaba Kaba, ministre guinéenne de l'Action sociale et de la promotion des femmes

A travers cette initiative, la jeune guinéenne a permis aux participants de s’exprimer sur ce que représente "la Guinéenne moderne" pour eux.

L’étudiante de 23 ans estime qu’en utilisant les mêmes outils que les jeunes, elle est plus susceptible de les intéresser sur des sujets tels que les mutilations génitales féminines, les violences conjugales et l’inégalité salariale.

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Image caption Image partagée sur le compte Facebook du blog, envoyée de Siguiri, en Haute-Guinée

L’initiative pilotée par une équipe de 18 jeunes guinéennes a suscité un vaste engouement de la part d’acteurs politiques, d’artistes et autres personnalités publiques.

Au lendemain de la journée de lancement, Dieretou Diallo se réjouit du fait que les Guinéens se soient mobilisé "indépendamment d’un clivage ethnique ou social" et qu’on peut utiliser les réseaux sociaux "de façon utile et pertinente".

Le blog et le compte twitter resteront en ligne et les contenus téléchargés sur le blog guineennedu21esiecle.wordpress.com

BBC Afrique : Pourquoi s’entourer de Guinéennes?

Dieretou Diallo : Il était important pour moi de regrouper toutes les origines ethniques qui font la diversité de mon pays la Guinée. D’abord par stratégie, en voyant chacune une représentante de sa communauté, on suscite l’intérêt de tous les groupes ethniques du pays. On parvient ainsi à retenir leur attention, attention durement acquise pour parler des maux qui minent la gent féminine guinéenne puisqu’il s’agit là du but final de cette campagne.

Ensuite parce qu’il est difficile, dans le contexte actuel qui prévaut en Guinée, de ne pas se faire taxer d’ "ethnocentriste" pour tout et rien, dès lors qu’un certain quota de participation par origine n’est pas respecté. C’est triste à dire mais je viens d’un pays où existe un clivage ethnique grandissant (…). Ce clivage est surtout palpable entre les deux ethnies peuhle et malinké. Qui est derrière cette campagne et par quoi ont-elles été séduites?

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Image caption "Il est temps que les femmes africaines, en particulier les Guinéennes, fassent valoir leurs droits", Fatoumata Balia Bah

Fatoumata Balia Bah - La jeune étudiante en Master Business and Décision à Université de La Rochelle en France a rejoint la campagne numérique car elle estime qu’il est temps que les femmes africaines, en particulier celles Guinéennes, fassent valoir leurs droits.

Mafoudia Bangoura - Cette journaliste-présentatrice à Espace Fm Guinée a estimé qu’il "est aujourd'hui vital d’améliorer les conditions de vie de la femme guinéenne et de garantir l'égalité des genres". Mafoudia pense qu’il est nécessaire d’utiliser les réseaux sociaux pour atteindre "les jeunes filles qui passent plus de temps sur les réseaux sociaux que devant la télé ou la radio".

Khadija Camara - Cette jeune écrivaine, étudiante en 3ème année en école de commerce à Paris, a voulu participer à l'émancipation de la femme Guinéenne dans la société "en permettant de mettre la lumière sur des sujets comme le viol, l'excision".

Sakina Traoré - A 19 ans, cette étudiante en Marketing à l'Institut National Polytechnique de Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, se définit surtout comme "chroniqueuse sur Facebook et bloggeuse" à ses heures perdues. Cette jeune guinéenne de nationalité ivoirienne ne pouvait pas "dire non à une opportunité de faire quelque chose pour mon second pays".

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Image caption "La femme guinéenne moderne est une battante, dynamique, persévérante et pleine de sagesse", Oumou Koultoumy Bah

Oumou Koultoumy Bah - A 24 ans, cette ingénieure en Informatique est passionnée des nouvelles technologies de l’information. Elle considère que la femme guinéenne moderne est une "battante, dynamique, persévérante et pleine de sagesse".

Mariama Touppe Diallo - A 28ans, la jeune femme est diplômée en licence de Droit à Conakry. La jeune femme a décidé de m'investir à côté de toutes ces Femmes pour la réussite effective de ce projet.

Barry Nene Mariama - A 19 ans, cette étudiante en Licence 1 de Droit à l'université de Bordeaux a accepté de rejoindre le mouvement "parce que si on veut d'une Guinée avec une égalité parfaite entre les genres, il nous faut montrer que nous Guinéenne du 21eme siècle sommes entrepreneuses, engagées et déterminées".

Rouguiatou Bah - A 22 ans, cette web-journaliste pour un site d’informations à Conakry et féministe a choisi de rejoindre #GuineenneDu21esiecle "pour ne pas passer à côté d'une telle initiative qui valorise les femmes en général et celles guinéennes en particulier".

Kankou Camara - A 22 ans, cette étudiante en 2e année de droit à l'Université Toulouse a vécu en Guinée. Elle reconnaît que "beaucoup d'inégalités persistent. Il faut que cela change et cela passera aussi par une mobilisation massive sur les nouveaux canaux de communication que les gens utilisent".

Josette Niankoye - Actuellement chargée de communication d’une startup à Paris, Josette Niankoye est diplômée d’un Master en Économie et d’une licence en Communication des organisations à l’Université de Nice. Elle est également bloggeuse, web-activiste et fondatrice d’une association pour le bien-être des enfants et des femmes. Pour la jeune femme engagée, adhérer à ce projet d’envergure est une occasion de sensibiliser l’opinion sur les droits de la femme guinéenne afin de contribuer à l’évolution des mentalités.

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Image caption Mayenie Soumah

Mayenie Soumah - Cette étudiante de 21 ans estime qu’il est révoltant de voir que les choses sont presque au même niveau au 21eme siècle, surtout en Guinée.

Fatoumata Chérif -Pour cette journaliste et Consultante en Communication, la #GuinéenneDu21eSiècle est « une manière de laisser une empreinte particulière à la fête des femmes de cette année qui s’inscrit dans le sens des Objectifs du Développement Durable. #Planet5050 d’ici 2030.

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Image caption Biby Diallo est sensible aux violences faites aux femmes à travers le monde

Biby Diallo - A 24 ans, cette jeune journaliste a rejoint le projet car elle n’est pas "indifférente aux violences faites aux femmes à travers le monde".

Mariama Diallo - A 26 ans, cette jeune entrepreneure dans l’événementiel à Conakry a décidé qu’à travers la campagne "pour que la jeune femme guinéenne ne soit plus mutilée".

Aissatou Barry - Cette étudiante en troisième année au département de mathématiques et de statistiques de l'université de Montréal, "aspire au changement".

Kone Maimouna - Cette jeune étudiante en contrôle de gestion finance d'entreprise à l'université de Paris 13 a accepté de rejoindre le projet pour montrer que la femme "a également sa place au sein de la société au même titre que les hommes".

Mamata Sanguiana Camara - Cette journaliste de Conakry a rejoint l’équipe parce qu’elle pense "fermement que ce type de communication est novateur et qu’on pourra mieux intéresser les jeunes".

BBC Afrique - Et après, comment utiliser le numérique pour défendre les femmes ?

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Image caption L'ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, candidat à la présidentielle de 2015, a indiqué son soutien en envoyant cette image de son compte Facebook

Dieretou Diallo : On compte collecter toutes les propositions faites d'amélioration, notamment dans le cadre juridique (beaucoup de lois discriminatoires existent encore) et les proposer aux ministères concernés.

#GuineenneDu21esiecle était aussi une sorte de grosse séance de réflexion.

Et il en ressort que majoritairement les Guinéens veulent qu'on change la façon de traiter leurs compatriotes de sexe féminin.