La gazette des jeux

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Image caption Le nageur éthiopien Robel Kiros Habt

Anecdotes et insolites des jeux Olympiques 2016 à Rio de Janeiro, du 5 au 21 août.

Après Eric l'Anguille, voici Robel la baleine...

"En Ethiopie, on court chaque matin au réveil, mais moi, je voulais devenir nageur..." Et le rêve de Robel Kiros Habte est devenu réalité. En séries du 100 m libre à Rio, il a même obtenu franc succès auprès du public brésilien qui l'a soutenu et acclamé tout au long de ses 1 min 04 sec 59 de course. Soit le 59e et dernier temps des qualifications, à une demie piscine des meilleurs. Mais cela ne le préoccupe guère, l'important étant de participer. "Je veux être un nageur olympique pour représenter mon pays. Et il n'y a que moi, nageur olympique", ajoute l'Ethiopien, dont les idoles sont quand même deux immenses athlètes, Haile Gebreselassie et Kenenisa Bekele. A Sydney, en 2000, le Congolais Eric Moussambani avait été surnommé Eric l'anguille, par dérision pour sa lenteur (1 min 52 sec 72 au 100 m nage libre), mais était devenu une grande vedette populaire par la grâce des médias australiens. Robel, lui, porte le surnom de baleine en raison de son physique replet, et vit sur son nuage loin des polémiques suscitées au pays.

La main sur le coeur, please!

"Je présente mes excuses à tous ceux qui se sentent blessés. Je ne voulais exprimer aucun irrespect", a affirmé Gabby Douglas après avoir omis de placer sa main droite sur le coeur, comme le veut la tradition, lors de l'exécution de "Star Spangled Banner" saluant le titre olympique par équipes en gymnastique des Américaines. "Je suis si profondément bouleversée par ce que notre équipe a réalisé aujourd'hui et si heureuse de ramener au pays une nouvelle médaille d'or", a ajouté la première Américaine championne olympique du concours général en 2012 à Londres. Des Américains mécontents ont inondé son compte Twitter pose plaindre.

Restez papy, votre petit-fils va à Rio...

"Vous devez aller mieux parce que votre petit-fils va disputer les jeux Olympiques dans deux mois...", a ordonné une infirmière à David Balderas, qui aura 84 ans en septembre, alors qu'il se trouvait entre la vie et la mort. Réponse du grand-père: "Bien sûr, si c'est possible. Sinon, je serai fier de lui de là-haut!". A Rio, son petit-fils Carlos, un boxeur américain d'origine cubaine de 19 ans, lui a dédié sa victoire en 8e de finale des poids légers. "C'est très important pour moi de l'avoir (à Rio). Il y a deux mois, il était victime de grippe et était tout près de nous quitter", raconte Carlos, premier enfant de la famille, très unie et très croyante, à avoir vu le jour aux États-Unis. Une vingtaine de membres de sa famille et des amis l'accompagne d'ailleurs au Brésil.

Réfugiés par amour du sport...

Popole Misenga et Yolande Bukasa entrent dans le tournoi olympique de judo, mercredi, respectivement chez les -90 et -70 kg. Particularité de ces deux Congolais: ils s'entraînent depuis 2013 dans les favelas de Rio après avoir déserté la délégation nationale aux Mondiaux organisés dans la ville brésilienne. Et font partie de la première équipe des réfugiés aux jeux Olympiques. "J'ai décidé de rester au Brésil par amour du sport. En Afrique, il n'y a aucune subvention pour les athlètes. Je suis resté au Brésil afin de trouver de l'aide, me préparer dans un centre de judo", raconte Misenga, désormais marié à une Brésilienne et père d'un enfant. Et c'est Falvio Canto, médaillé de bronze de judo aux JO-2004 d'Athènes et aujourd'hui présentateur de télévision, qui lui avait donné un coup de main, en le faisant s'entraîner dans son club. Rafaela Silva, qui a donné la première médaille d'or au Brésil à Rio, s'entraîne dans le même club.

Image caption L'équipe des réfugiés

La boxe est un combat, comme le terrorisme!

Waheed Abdulridha, porte-drapeau et seul boxeur de la délégation irakienne de 22 membres, tous masculins, ne "comprend pas pourquoi il a perdu" face au Mexicain Uziel Rodriguez alors qu'il a "contrôlé tout le combat". Mais le militaire de 33 ans est fier d'avoir représenté son pays aux JO. "La boxe est un combat, comme le terrorisme. Je veux juste la paix pour mon pays. C'est très important que l'Irak soit représenté sur le plan international", dit-il. Son entraîneur confirme: "C'est crucial pour l'Irak de participer aux jeux Olympiques. Tous les jours, nous avons des problèmes de sécurité, même si Bagdad est devenue plus sûre maintenant. Je n'ai qu'un combattant pour le moment, mais j'espère en avoir cinq ou six aux prochains JO", souligne Hussein Ali.

20 sur 20 pour le Caucase

Khasan Khalmurzaev, champion olympique des -81 kg, a reconnu que les montagnes du Caucase lui avaient apporté force et talent. "C'est vrai que beaucoup de personnes nées là-bas sont physiquement fortes et bien préparées. Pas seulement les sportifs, mais aussi les gens dans la rue. La lutte y est aussi populaire", souligne le judoka russe de 22 ans. Il a, en tout cas, aligné sa 20e victoire en 20 combats cette année mardi. Son frère jumeau, Khusen, N.2 national chez les moins de 90 kg, n'a pas été du voyage brésilien.

Shi inspiré par... Shi!

ShiZhiyong, qui a apporté mardi une nouvelle médaille d'or à la Chine en haltérophilie (-69 kg), explique qu'il a été inspiré par son compatriote... Shi Zhiyong! Il y a 12 ans, son homonyme était devenu champion olympique aux Jeux d'Athènes, en égalant le record du monde des -62 kg d'alors. "Nous nous sommes rencontrés il y a quelques années. Le vieux Zhi (36 ans) m'a encouragé et soutenu. Il a beaucoup d'influence sur moi. En 2012, il m'avait dit de ne pas laisser tomber le nom Shi Zhiyong. Ce qui m'a poussé à tenter de donner toujours le meilleur de moi-même et de ne jamais renoncer", explique le jeune Zhi, âgé de 22 ans.

Grassouillettes les Italiennes...

Les Italiennes Guendalina Sartori, Lucilla Boari et Claudia Mandia ont raté d'un cheveu la finale du tir à l'arc par équipes (une dernière flèche inexplicable à 3 points alors qu'elles avaient aligné des 9 et des 10). Elles se sont ensuite inclinées devant les Taïwanaises lors du match pour la médaille de bronze. Un exploit salué à sa juste mesure par la presse azzurra, mais pas toujours avec élégance. "Le trio des grassouillettes effleure le miracle olympique", a titré le Resto del Carlino. Les réseaux sociaux se sont alors enflammés, tant et si bien que le rédacteur en chef du journal de Bologne fondé en 1885 a été contraint de présenter publiquement ses excuses. Et d'annoncer le licenciement du chef du service des sports...

Australie 2 - Chine 1

L'Australie a poursuivi, presque malgré elle, le match antidopage contre la Chine. Après son nageur champion olympique du 400 m libre Mack Horton, refusant de saluer le Chinois Sun Yang tout en le traitant de "dopé", une journaliste australienne a traité Sun de "tricheur". En direct sur la chaîne Seven, Amanda Abate s'est exclamée: "De grands noms ont apporté leur soutien à Mack Horton après l'onde de choc venue de Chine pour avoir accusé l'un de ses tricheurs, oh pardonnez-moi, l'une de ses stars, de s'être dopé". Ajoutant immédiatement: "Ce n'est pas du tout ce que je voulais dire". Les médias chinois étaient vent debout après la sortie de Horton, le traitant d' "arrogant cynique", et d'"immoral", l'Australie étant, elle, "un pays aux marges de la civilisation", un "continent-prison". Dans la piscine de Rio, Horton et Sun sont à égalité, une médaille d'or chacun...

(Avec AFP)