La passion du foot

Omarie Keita, Copyright de l’image Myriam Lahouari
Image caption Omarie Keita, fondateur de la Omarie Youth Football Academy.

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Promis à une belle carrière de footballeur, Omarie Keita a vu son rêve se briser en mille morceaux à cause d'une blessure. De ce revers de fortune est né à Londres "Omarie Youth Football Academy", pépinière de jeunes talents.

Deux ballons, quatre plots. Ce sont les débuts modestes d'Omarie Keita lorsqu'il a ouvert sa propre académie de football en 2012. Ce centre de formation pour les jeunes pousses est aujourd'hui une chance pour les aspirants au ballon rond.

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Image caption Les poulains d'Omarie

De 4 à 21 ans, tous espèrent percer en pro mais avant de devenir le prochain Drogba, le chemin est encore long. Ils ne sont pas là pour chômer, bien au contraire.

Les jeunes prodiges évoluent tous sous le regard bienveillant d'Omarie Keita, coach et papa de la "Omarie Youth Football Academy" qui "croit" profondément en eux.

Cet ancien footballeur d'origine guinéenne qui a grandi à Londres est un habitué de la pelouse depuis l'âge de 8 ans. Il a usé ses crampons dans plusieurs clubs dont celui de Tottenham en équipe réserve pendant trois ans.

Un destin prometteur l'attendait jusqu'à que Tottenham le prête à Brighton en 2009. Lors du premier match avec sa nouvelle équipe, c'est le drame. Il se blesse au tibia quelques secondes après avoir fait son entrée sur le terrain. Avec cette blessure, tous ses rêves s'effondrent.

De la résilience

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Image caption Omarie keita

Le jeune joueur, aujourd'hui âgé de 24 ans, a tout fait pour se soigner malgré des difficultés financières dues aux frais hospitaliers. Quatre opérations dans plusieurs pays européens n'ont pas changé la donne. Il n'a jamais pu se remettre de sa blessure.

Pendant ce temps, Omarie se morfond, il déprime. "J'étais sans arrêt stressé, je pleurais parce que je voulais absolument retourner jouer au football. Je n'en dormais pas la nuit", se remémore-t-il.

Jusqu'à que sa femme lui suggère une idée qui bouleversera sa vie : "Elle m'a dit écoute Omarie, tu ne peux pas entraîner des enfants ?". Et c'est comme cela que la "Omarie Youth Football Academy" verra le jour.

Les débuts sont difficiles : "Je galérais avec les papiers, j'étais mal organisé, ça marchait pas bien, les joueurs partaient, je gagnais rien", relate-t-il. Mais à force de persévérance et de bonnes rencontres, Omarie fait son nid petit à petit.

Son travail a fini par payer et même s'il ne roule pas sur l'or, ce n'est pas l'essentiel pour lui. Dénicher des talents et les accompagner vers le chemin du succès, c'est sa raison d'être.

"J'ai commencé avec trois joueurs et maintenant ces enfants jouent tous pour Arsenal. Cela m'a donné du courage pour continuer l'académie", dit-il dans un sourire.

L'académie, une leçon de vie pour les petits

Pourtant, entraîner des enfants et des adolescents n'est pas toujours de tout repos. "Beaucoup de ceux qui viennent ne sont pas polis à la maison, pas respectueux, ils n'écoutent pas leurs parents", déplore l'entraîneur.

"Après l'entraînement, tu dois rentrer à la maison à l'heure, j'appelle tes parents, tu es à la maison et tu fais tes devoirs, si tu ne fais pas ça, au prochain entraînement, tu restes sur le banc et tu regardes", avertit Omarie. Ses petits protégés sont prévenus.

La Omarie Youth Academy, bien plus que du football, c'est toute une leçon de vie.

L'ancien footballeur est une inspiration pour ses petites graines de champion.

Malgré les aléas de la vie, il a su remonter la pente. Peu importe qu'il ait partagé le même banc que Harry Kane à Tottenham, aujourd'hui "l'un des meilleurs attaquants d'Angleterre", selon ses propres dires.

Certes, il n'a plus la même destinée mais ses étoiles montantes sont encore là pour le faire rêver.

Sa plus belle réussite : Randall Williams. Il joue aujourd'hui à Crystal Palace à seulement 19 ans.

Omarie adore ce qu'il fait, dès qu'il voit ses joueurs, tout son stress, tous ses regrets par rapport au passé s'évanouissent. Il persiste et signe : "c'est comme si c'était moi qui jouais".

La Omarie Youth Football Academy c'est surtout une équipe de passionnés et de volontaires :

Le pilier de l'académie s'appelle Alberta, "Albie" pour les intimes. Au début, elle lui a demandé d'entraîner ses enfants et il a accepté de bon cœur.

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Image caption Alberta

"Elle m'a dit que ce je faisais était très bon et puis m'a demandé comment je me débrouillais au niveau administratif. C'est comme ça qu'Albie a commencé à m'aider sans me demander quoi que ce soit en retour", narre-t-il avec reconnaissance.

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Image caption Jelson

C'est l'un des derniers poulains de l'écurie d'Omarie.

17 ans au compteur, ce jeune Suisse originaire du Cap-Vert a quitté son cocon familial pour l'académie. Il est hébergé à Londres par son coach et affirme que "c'est pas tout le monde qui ferait ça". Sa sœur jumelle dont il est très proche lui manque.

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Image caption Mathias Agbeto

Aujourd'hui recruteur pour Crystal Palace, il a rencontré Omarie sur les bancs du club lorsqu'il était encore joueur.

C'est ensemble qu'ils ont découvert le jeune prodige, Randall Williams. Ce chasseur de tête a l'habitude de repérer les jeunes talents, comme par exemple un garçon de 12 ans qui jouait au foot dans un parc pendant la nuit.

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Image caption Dylan

Il a commencé le foot à l'âge de 5 ans dans son club de quartier, à Paris. Et depuis, il n'a plus jamais quitté ses crampons de footeux. Dylan les a usés dans un club de 9ème division avant d'être repéré par Omarie et faire son entrée dans son académie. Il rêve désormais de jouer pour Manchester United.

"Omarie, je l'ai connu parce que je jouais dans un petit club de 9e division. Il était là et il m'a demandé si ça m'intéressait d'entrer dans son académie. C'était intéressant le projet, donc j'ai accepté".

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Image caption Armel Zola

Une blessure qui vient briser tout espoir de carrière en Ligue 1 et une renaissance. Ce Parisien a connu la même destinée qu'Omarie et comme lui il a su rebondir, notamment grâce à Lazola Fitness, son centre de remise en forme destiné aux sportifs.

Image caption Kevin

Pour moi c'est du plaisir de faire du foot. Je forme une famille en jouant.

Ma mère est fière de moi, elle croit en moi. Elle dit que je vais devenir un grand footballeur.

Image caption Boris

Boris aussi a commencé a jouer à 5 ans. "Le football c'est ma vie, le football. Ça m'aide à me calmer quand je suis énervé. Ça m'aide à me libérer, à m'exprimer".

Image caption Elliot est le frère Randy Williams

Depuis que je suis petit, j'ai toujours joué au football. Toute ma famille joue au football, mon frère, et donc j'ai joué au football toute ma vie.

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Omarie Keita ou le triomphe d'un footballeur