Kenya: libération des médecins grévistes

Le tribunal a ordonné leur remise en liberté jusqu'à la date de leur appel, le 23 février. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Le tribunal a ordonné leur remise en liberté jusqu'à la date de leur appel, le 23 février.

Les sept représentants syndicaux des médecins kényans écroués lundi ont été remis en liberté mercredi dans l'attente de leur jugement en appel.

Dr Muruka Kays, un gynécologue à Kisumu, se dit satisfait de la décision de la cour, mais que tout ne s'arrête pas là.

"Malgré leur libération, le mouvement continue d'appeler le gouvernement à mettre en œuvre l'accord collectif de négociation pour engager la discussion avec les médecins de façon constructive. Il est temps que les kenyans paient des taxes pour les services de santé et obtiennent des services de santé de bonne qualité et c'est ce qui est en tête de nos revendications. Donc, le gouvernement devrait revoir sa loi, écouter les médecins et s'asseoir avec eux pour un dialogue constructif", a déclaré le gynécologue.

Les syndicalistes ont fait appel mercredi de leur condamnation à un mois de prison, en arguant que leur libération était "le seul moyen pour que les discussions salariales actuellement bloquées continuent".

Le tribunal a ordonné leur remise en liberté jusqu'à la date de leur appel, le 23 février.

D'ici là, ils reprendront les négociations avec le gouvernement, pour tenter de mettre fin à une grève qui paralyse les hôpitaux publics kényans depuis deux mois et demi.

Ces représentants syndicaux avaient été condamnés mi-janvier à un mois de prison avec sursis.

Une juge leur avait donné un délai pour mettre fin à la grève, avant d'ordonner lundi leur incarcération, faute d'avancée significative à ses yeux.

Le syndicat des praticiens, pharmaciens et dentistes (KPMDU), dont les sept sont membres, avait immédiatement annoncé la rupture des négociations avec le gouvernement.

La grève, qui a démarré le 5 décembre dans les hôpitaux publics, a de lourdes conséquences pour les malades dont certains sont dirigés vers des cliniques privées trop chères pour la majorité de la population.

La justice a donné raison au gouvernement qui considère le mouvement illégal au motif qu'il a été enclenché alors que des négociations salariales étaient en cours.

Les quelque 5.000 médecins du secteur public ont fait valoir que leur revendication principale - une multiplication de leur salaire par quatre - figurait dans un accord de négociation collective signé en 2013, mais qui n'a jamais été appliqué. Ils ont déjà rejeté une proposition du gouvernement d'augmenter de 40% leur salaire, selon les syndicats.

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