Une 'esclave' libérée candidate aux législatives en Mauritanie

Mauritanie, esclavage, législatives, IRA Copyright de l’image AFP
Image caption Une manifestation anti-esclavagiste en Mauritanie

Pour les élections législatives du 1er septembre 2018, le mouvement anti-esclavagiste IRA, présentera une ancienne "esclave" comme candidate.

Habi Mint Rabah, aujourd'hui militante de l'initiative pour le résurgence du mouvement abolitionniste, a été libérée en 2008.

"Je suis devenue esclave à l'âge de 5 ans. Chaque jour, je devais m'occuper du troupeau. Chaque nuit, j'étais violée par mon maître. J'ai toujours cru, sans vraiment comprendre, que c'était normal", avait-elle précisé, peu après sa libération.

LIRE AUSSI:

Réduite en esclavage avec son frère

Habi Mint Rabah a été sauvée grâce à son frère Bilal Ould Rabah, qui avait réussi à se libérer. Dans sa fuite, il avait alerté les organisations de défense des droits de l'homme et le mouvement IRA, dont la mobilisation a abouti à la libération de sa sœur, réduite en esclavage pendant plus de trente-cinq années .

La candidature de l'ancienne "esclave" a été rendue possible grâce à l'alliance signée le 30 mai dernier, entre l'IRA et le parti Sawab.

« C'est une victime de l'esclavage qu'on a libérée. Elle est dans nos rangs, militante, et c'est elle qui va porter la contradiction au groupe dominant esclavagiste, dans le futur Parlement mauritanien », a précisé Biram Dah Abeid, le président du mouvement IRA.

A ECOUTER:

Media playback is unsupported on your device
Biram Ould Abeid dénonce l'esclavage en Afrique

Ce sera la première fois que le mouvement anti-esclavagiste prendra part à des élections législatives en Mauritanie. L'aile politique de IRA, n'a toujours pas été reconnu officiellement par les autorités.

En Mauritanie, l'esclavage a été officiellement aboli en 1981. En 2007, sous la pression internationale, le pays a adopté une loi qui criminalise l'esclavage et les pratiques esclavagistes.

Sur le même sujet

Lire plus