Les Condamnés du génocide

Les Condamnés du génocide

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a été mis en place par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour juger les personnes responsables d'actes de génocide et d'autres violations graves des droits humains sur le sol rwandais.

Jean-Paul Akayesu

Il était le bourgmestre de la ville de Taba en 1994. Arrêté en janvier 1995 dans la capitale zambienne, son procès a eu lieu entre janvier 1997 et mars 1998. Ce fut la première sentence du TPIR.

Jean-Paul Akayesu a été condamné à la prison à vie pour le massacre de 2000 Tutsis réfugiés dans le bureau communal de Taba. Il a aussi été condamné pour incitation à des viols collectifs et publics, ainsi que pour sa participation directe dans plusieurs assassinats.

Son procès a eu le mérite également d'établir une chaîne de commandement. Le tribunal a pour la première fois, reconnu le viol comme crime de génocide. Ces viols étaient commis dans l'intention de détruire en tout ou en partie, un groupe particulier ciblé comme tel.

Jean Kambanda

Il a assuré la direction de l’Union des banques populaires du Rwanda de mai 1989 à avril 1994. Jean Kambanda était le vice-président du Mouvement démocratique républicain (MDR) et il devint Premier ministre du gouvernement intérimaire deux jours après l’attentat contre l’avion du du président Juvénal Habyarimana.

Jean Kambanda a été condamné à la réclusion à perpétuité pour génocide, entente en vue de et incitation directe et publique à commettre le génocide, complicité dans le génocide et crimes contre l'humanité. Jean Kambanda purge aujourd’hui sa peine à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako, au Mali. Ce fut la première condamnation prononcée pour crime de génocide depuis l’adoption de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.

Georges Ruggiu

Naturalisé belge en 1975, Georges Ruggiu était journaliste et animateur à la Radio Mille Collines au moment du génocide. Arrêté à Mombassa au Kenya , il a reconnu avoir diffusé des émissions qui ont incité au meurtre ou à des atteintes graves à l'intégrité physique ou mentale des Tutsis. Cela constitue des actes de persécution envers les Tutsis, ainsi que certains Hutus et citoyens belges. Son procès a été dissocié de celui des médias de la haine et il a été condamné à douze ans de prison.

Procès des médias de la haine

Le procès des « médias de la haine » a débuté le 23 octobre 2000 et est chargé de la répression des médias ayant encouragé le génocide de 1994.

Il y a eu trois inculpés :

Hassan Ngeze, directeur et rédacteur en chef du journal de Kangura, condamné en 2007 à 35 ans de prison.Ferdinand Nahimana, cofondateur de la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM). Cet ex-président de l’office rwandais d’information a été écarté suite aux massacres de Bugesera en mars 1992. Il est condamné en 2007 à 30 ans de prison.Jean Bosco Barayagwiza, leader de la CDR (Coalition pour la défense de la République), condamné en 2007 à 32 ans de prison.

Le TPIR a par ailleurs condamné à la prison à vie les deux premiers inculpés, et le troisième à 35 ans de prison, pour incitation à la haine ethnique avant et durant la période du génocide de 1994.

Léon Mugesera

La Cour suprême du Canada a statué en que Léon Mugesera, réfugié politique depuis 1996, devra retourner au Rwanda pour répondre des chefs d'accusations d'incitation à la haine et au génocide. Léon Mugesera avait fait un discours en 1992 incitant la population Hutue au massacre des Tutsis.

Pascal Simbinkangwa.

Il était un proche du Président Habyarimana. Il aurait à ce titre fait partie de l’akazu. Une organisation parallèle regroupant le premier cercle des proches du président Habyarimana. Ses militants utilisaient la rhétorique de la « domination Hutu » ou « Hutu Power ») et l’extermination des Tutsis si nécessaire. Pascal Simbinkangwa aurait notamment participé dès 1990-1991 à la création de la Radio Télévision Libre des Milles Collines (RTLM). Une station de radio privée de propagande anti-Tutsi, qui a diffusé des messages de haine tout au long du génocide. En raison de son rôle auprès du Président, au sein des services de renseignements et de l’akazu, Pascal Simbikangwa était perçu par les organismes internationaux, par certains États et par la population locale comme une autorité dotée de pouvoirs effectifs. Il a été condamné le 14 mars 2014 par le Jury de la Cour d’Assises de Paris à 25 ans de réclusion