Déchiquetés ou brûlés : que deviennent les vêtements invendus ?

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En fin de saisons, qu'advient-il des vêtements restés en magasins, qu'aucun acheteur ne trouve à son goût ?

A l'intérieur du monde de la mode, la prise en charge des invendus est entourée de mystère.

Avec l'évolution rapide des créations et des tendances de mode, les marchandises invendues s'accumulent à un rythme effréné. Et lorsque les nouvelles collections arrivent, il faire faire place au neuf.

La marque Burberry, comme d'autres marques de luxe, préfère brûler ses invendus plutôt que de les vendre à bas prix.

Burberry a admis avoir détruit ses invendus, accessoires et parfums, soit l'équivalent de près de 40 millions de dollars de marchandise brûlée, au lieu de les revendre à bas prix, afin de protéger l'exclusivité et la valeur de la marque.

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L'énergie de la combustion aurait, selon Burberry, été conservée, en vue de rendre le processus plus écologique.

Alors que nos déchets et notre impact sur l'environnement sont fermement remis en cause, les pratiques de la marque de luxe ont fait le tour des réseaux sociaux, provoquant l'indignation générale.

Est-ce un phénomène fréquent ?

Orsola de Castro est la co-fondatrice et la directrice artistique du groupe militant Fashion Revolution, qui fait pression sur les marques en faveur de la transparence de la production.

Pour elle, la marchandise détruite et brûlée représente le "secret le plus sale" du monde de la mode. La militante affirme qu'elle attend depuis des décennies une histoire comme celle de Burberry.

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La BBC a contacté 35 designers haut de gamme et détaillants pour leur poser des questions sur leurs pratiques.

Seulement six ont répondu sans donner d'informations précises, et les autres ont dit qu'ils ne pouvaient pas aider ou n'ont pas répondu du tout.

La nature secrète de l'industrie rend difficile la quantification précise de l'ampleur du problème mais avec une production mondiale dépassant les 100 milliards de vêtements par an, des groupes mettent en garde contre des dommages environnementaux "potentiellement catastrophiques" si les tendances actuelles se poursuivent.

Consommation et éthique

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Image caption Ces employés d'une usine appartenant à des Chinois à Kigali, la capitale du Rwanda, préparent des polos en polyester avant une augmentation des tarifs qui rendra les vêtements fabriqués au Rwanda plus coûteux pour les distributeurs américains.

Après l'effondrement de plus de 1 100 personnes lors de l'effondrement d'une usine de confection au Bangladesh il y a cinq ans, les détaillants occidentaux ont également fait pression pour que leur chaîne d'approvisionnement soit transparente.

Beaucoup choisissent maintenant de publier des rapports de fin d'année qui détaillent les progrès réalisés en matière de droits des travailleurs et de durabilité environnementale.

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C'est ainsi que les pratiques de Burberry ont été découvertes.

Les recherches rassemblées par la Fondation Ellen MacArthur suggèrent que la production mondiale de vêtements a doublé au cours des 15 dernières années, les vêtements en moyenne étant beaucoup moins usés et jetés plus rapidement que jamais.

La demande sur les marchés en développement est toutefois en augmentation, des pays comme le Rwanda ayant opté pour la production indépendante de textiles, en partie à cause du peu de qualité des produits donnés par les revendeurs.