Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, accusé de 'favoriser la désinformation'

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Les législateurs américains ont vivement critiqué le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, au sujet de la politique de l'entreprise consistant à ne pas vérifier les publicités politiques.

Lors d'une audience à Washington, le chef du réseau social a été accusé d'avoir laissé la désinformation politique se propager en vue de l'élection présidentielle américaine de 2020.

Il n'a pas non plus été en mesure de confirmer si les propos haineux tenus par les candidats aux élections seraient retirés de la plate-forme.

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Mais il a dit que ce n'était pas à lui de contrôler ce que les politiciens disaient.

Le patron du réseau social comparaissait devant le Comité des services financiers de la Chambre des représentants pour défendre les plans de sa litigieuse monnaie numérique, Libra.

Mais il s'est retrouvé sous les feux de nombreuses attaques sur d'autres problèmes, dont l'incapacité de mettre fin à l'exploitation des enfants sur le réseau social et le scandale des données de Cambridge Analytics.

Sur la politique du réseau social en matière de publicité politique, la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a demandé : "Je veux juste savoir jusqu'où je peux aller... pourrais-je passer des pubs ciblant les républicains dans les primaires en disant qu'ils ont voté pour le Green New Deal ?"

Le Green New Deal est une politique démocrate à laquelle la plupart des républicains s'opposent farouchement.

M. Zuckerberg a déclaré que la plate-forme supprimerait les postes de tous ceux qui, y compris les hommes politiques, appelaient à la violence ou tentaient de réduire la participation électorale.

Quant aux contrevérités, cependant, il a dit que ce n'était pas le rôle de Facebook d'empêcher "les gens dans une élection de voir que vous avez menti".

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Image caption Mme Waters a déclaré que Facebook présentait de nombreuses "déficiences et échecs".

Dans un autre exemple, le démocrate Sean Casten a demandé si Facebook supprimerait les propos haineux dans les publicités politiques.

Il a noté qu'un ancien membre du Parti nazi américain s'était présenté au Congrès et avait remporté une élection primaire républicaine en 2018.

M. Zuckerberg a dit : "Monsieur le député, je pense que ça dépend d'un tas de détails que je ne connais pas et auxquels je ne peux pas répondre."

"Eh bien, c'est plutôt choquant", a dit M. Casten.

"Je ne pense pas que ce soit une question difficile", a indiqué la dame.

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On a également demandé à M. Zuckerberg si Facebook supprimerait les publicités qui prétendaient faussement que les coordonnées des migrants ayant participé au recensement américain seront communiquées aux services de l'immigration et des douanes (ICE).

M. Zuckerberg a déclaré que Facebook était en train de réviser ses politiques en la matière, ajoutant qu'il ne pouvait pas encore dire quelles en sont les caractéristiques.

Qu'a-t-il dit sur Libra, sa monnaie électronique?

M. Zuckerberg a également essayé de rassurer les législateurs américains sceptiques quant à la sécurité de la Libra, cette monnaie électronique qu'il proposait, mais la plupart d'entre eux ne l'ont pas cru.

Le projet a récemment été confronté à une série de défis, les principales organisations partenaires s'étant retirées et opposant des arguments liés à la réglementation.

Les membres du Congrès se sont demandés si la monnaie pouvait être utilisée pour blanchir de l'argent, perturber le système financier mondial ou donner à Facebook un trop grand contrôle sur les données.

M. Zuckerberg s'est dit déterminé à persévérer dans la mise en œuvre de ce plan, estimant qu'il pourrait aider plus d'un milliard d'adultes sans compte bancaire dans le monde.

"Je comprends que je ne suis pas le messager idéal pour cela en ce moment. Nous avons fait face à beaucoup de problèmes au cours des dernières années et je suis sûr que beaucoup de gens aimeraient que ce soit quelqu'un d'autre que Facebook qui essaie de le proposer", a ajouté M. Zuckerberg.

Grillé ou cramé ?

Comme c'est souvent le cas lorsque Mark Zuckerberg est au Congrès, l'ordre du jour s'est écarté du sujet à l'étude.

Un échange s'est démarqué. Ann Wagner, députée républicaine du Missouri, a déclaré que le projet de Facebook d'introduire un cryptage de bout en bout sur son application Messenger rendrait plus difficile pour les autorités de découvrir des cas de partage d'images d'abus sexuels d'enfants.

C'est important : 12 millions de ces images ont été partagées sur Facebook l'an dernier. Il semble qu'il s'agisse de loin la plus grande plateforme pour ce genre de partage illégal de matériel.

Alors que d'autres services, comme WhatsApp et iMessage d'Apple, sont cryptés, les experts en sécurité des enfants disent que la principale plate-forme Facebook est plus préoccupante lorsqu'il s'agit de pédophiles recherchant, trouvant et draguant des enfants - tout sur la même plate-forme.

"Que faites-vous pour arrêter ça ?" a demandé Mme Wagner.

M. Zuckerberg a cité les outils développés par Facebook pour détecter le matériel, mais a fini par admettre : "Il sera plus difficile de trouver certains de ces comportements.

Il devra trouver de meilleures réponses - ou faire face à un scandale qui pourrait bien éclipser tous les autres.

Qu'ont dit les autres membres du panel ?

De nombreux législateurs se sont demandé pourquoi ils devraient faire confiance aux assurances de M. Zuckerberg sur la Libra, étant donné les défaillances passées du réseau social dans d'autres domaines.

Maxine Waters, la présidente démocrate du panel, a souligné que le réseau social faisait l'objet d'une enquête antitrust. Elle a déclaré qu'elle avait " permis " à la Russie de s'ingérer dans les élections américaines de 2016.

"Il serait bénéfique pour tous que Facebook se concentre sur ses nombreuses déficiences et ses nombreux échecs avant de poursuivre le projet Libra ", a-t-elle déclaré.

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L'intégrité personnelle de M. Zuckerberg a également été attaquée, comme l'a dit la démocrate Madeleine Dean : "On gagne de la crédibilité goutte à goutte, mais on la jette dans des seaux."

Certains ont cependant défendu les antécédents du patron de Facebook en tant qu'entrepreneur.

"J'ai mes propres scrupules à propos de Facebook et de Libra et des lacunes de la grosse technologie ", a déclaré Patrick McHenry, le républicain en tête du panel.

"Mais si l'histoire nous a appris quelque chose, il vaut mieux être du côté de l'innovation américaine."

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