Qui était Abou Bakr al-Baghdadi ?

Al-Baghdadi photographié en train de faire un sermon dans une mosquée de Mossoul en juillet 2014. Copyright de l’image AFP
Image caption Al-Baghdadi photographié en train de faire un sermon dans une mosquée de Mossoul en juillet 2014.

Ibrahim Awad al-Badri, son nom à l'état civil, sans doute l'homme le plus recherché au monde, a été tué dans un raid des commandos américains dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré dimanche le président américain, Donald Trump.

Le chef djihadiste né en 1971 a tenté sans succès de devenir avocat et militaire, avant d'étudier la théologie.

C'est lors de l'invasion américaine de l'Irak en 2003 qu'il crée un groupuscule djihadiste avant d'être arrêté et emprisonné dans la prison de Bucca.

Adolescent, il était surnommé "le croyant" par ses proches en raison du temps qu'il passait à la mosquée pour apprendre à réciter le Coran. Il réprimandait souvent ceux qui ne respectaient pas la loi islamique.

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Après avoir terminé ses études au début des années 1990, il s'est installé dans la capitale irakienne. Il a obtenu une maîtrise en études islamiques avant d'entamer un doctorat à l'Université islamique de Bagdad, selon une biographie publiée par ses partisans.

Alors qu'il était étudiant, Al-Baghdadi vivait près d'une mosquée sunnite dans le district de Tobchi, au nord-ouest de Bagdad. Il était décrit comme un homme tranquille, qui gardait le silence, sauf quand il enseignait le Coran et jouait au football pour le club de sa mosquée.

Après l'invasion menée par les Etats-Unis, qui a renversé le président irakien Saddam Hussein en 2003, il aurait aidé à fonder un groupe insurgé islamiste. Ce dernier aurait mené des attaques contre les troupes américaines et leurs alliés.

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Image caption La ville de Mossoul a été reprise à l'Etat islamique par les forces gouvernementales irakiennes en juillet 2017.

Début 2004, al-Baghdadi est arrêté par les troupes américaines dans la ville de Falloujah, à l'ouest de Bagdad. Il est emmené dans un centre de détention situé dans le sud du pays.

Le camp de Bucca, où il était détenu par l'armée des Etats-Unis, a été décrit comme une "université" pour les futurs dirigeants de l'Etat islamique.

Les détenus de ce centre se sont radicalisés et ont développé d'importants contacts et réseaux.

Al-Baghdadi aurait dirigé des prières, prononcé des sermons et enseigné des cours de religion pendant sa détention.

Et l'administrateur américain de la prison lui a parfois demandé de servir de médiateur dans des conflits. Il était considéré comme une faible menace par les Etats-Unis, qui l'ont fait libérer faute de preuves, après 10 mois de détention.

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El-Baghdadi promet de venger l’Etat Islamique

"C'était un voyou lorsque nous l'avons arrêté en 2004", a déclaré un responsable du Pentagone au New York Times en 2014.

Après avoir quitté le camp Bucca, al-Baghdadi serait entré en contact avec la nouvelle organisation Al-Qaïda en Irak (AQI). Sous la direction du Jordanien Abu Musab al-Zarqawi, l'AQI est devenue une force majeure dans l'insurrection irakienne et a acquis de la notoriété pour ses tactiques brutales, dont les décapitations.

Début 2006, l'AQI a créé une organisation djihadiste appelée le Mujahideen Shura Council, à laquelle le groupe d'al-Baghdadi a prêté allégeance et a adhéré.

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Image caption Des combattants des forces démocratiques syriennes soutenus par les Etats-Unis à Raqqa, en octobre 2017

Après avoir consolidé son emprise sur des dizaines de villes irakiennes, l'Etat islamique a proclamé la création d'un "califat", un Etat gouverné selon la charia par un "calife" ou représentant de Dieu sur terre.

Dans le discours officiel, al-Baghdadi enjoint aux musulmans de rejoindre l'Etat islamique et de mener une guerre pour la foi, contre les incroyants. Des dizaines de milliers d'étrangers ont répondu à son appel.

La guerre qui s'en est suivie a fait des milliers de morts et des millions de déplacés. Des régions entières ont été dévastées. Tout au long des combats, la question de savoir si al-Baghdadi était mort ou vivant est restée un mystère.

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En juin 2017, alors que les forces de sécurité irakiennes luttaient contre les derniers combattants de l'Etat islamique à Mossoul, des responsables de la Russie déclarent qu'il y avait "une forte probabilité" qu'al-Baghdadi soit tué dans une attaque aérienne russe, dans le nord de l'Irak.

Mais en septembre de la même année, l'organisation djihadiste diffuse un message audio prêté à al-Baghdadi, appelant ses partisans à "attiser les flammes de la guerre contre leurs ennemis".

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