Kati: des coups de feu entendus dans une base militaire au Mali

Un élément des FAMA

Crédit photo, Getty Images

Un porte-parole militaire au Mali a confirmé que des coups de feu ont été tirés à l'intérieur d'une base militaire près de la capitale, Bamako.

La situation reste confuse au moment où la télévision nationale (ORTM) a été évacué.

L'ambassade norvégienne dit avoir reçu des informations selon lesquelles des troupes sont en route vers la capitale et l'ambassade française a conseillé aux gens de rester chez eux.

"Ce matin, des militaires en colère ont pris les armes au camp de Kati et ont tiré en l'air. Ils étaient nombreux et très nerveux", a déclaré à l'AFP un médecin de l'hôpital de Kati.

"Nous suivons attentivement la situation. La hiérarchie militaire est entrée en contact avec les troupes, on fera une déclaration officielle dans la journée", a déclaré à l'AFP une source au ministère de la Défense, qui s'est refusée à parler de "mutinerie".

Les résidents locaux et les sources de sécurité ont déclaré à l'agence Reuters qu'il y avait eu des coups de feu à la base militaire de Kati, à environ 15 km de Bamako, où une mutinerie en 2012 a conduit à un coup d'État dans le pays.

Ces évènements interviennent alors que le président Ibrahim Boubacar Keïta est soumis à une pression accrue pour qu'il démissionne face aux importantes protestations de l'opposition.

Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), qui mène depuis juin la plus importante contestation du pouvoir depuis le coup d'Etat de 2012, est une coalition hétéroclite de guides religieux, d'opposants politiques, de membres de la société civile et de syndicalistes.

Il a refusé jeudi dernier une rencontre avec le président Keïta proposée par le médiateur des Etats ouest-africains, l'ex-président nigérian Goodluck Jonathan, fixant notamment comme préalable la fin de la "répression" contre ses militants.

Le weekend du 10 juillet, une manifestation à l'appel du Mouvement du 5 juin a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers.

L'opposition évoque un bilan de 23 morts et plus de 150 blessés. Le Premier ministre, Boubou Cissé, a parlé de 11 morts et l'ONU de 14 manifestants tués.

La colère grandit dans le pays en raison de l'aggravation de la situation en matière de sécurité, avec une augmentation de la violence djihadiste et communale.

Les gens se plaignent également du niveau de corruption et de la mauvaise gestion de l'économie.

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