Covid : les pays riches "bloquent" les plans de vaccination des pays en développement

Une femme se prépare à être vaccinée contre le Covid-19 à Dhaka, au Bangladesh en février 2021

Crédit photo, EPA

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De nombreux experts affirment qu'un accès équitable aux vaccins est essentiel pour l'immunité de la population mondiale.

Les pays riches - y compris le Royaume-Uni - bloquent les propositions visant à aider les pays en développement à accroître leurs capacités de fabrication de vaccins, selon des documents divulgués à BBC Newsnight.

Plusieurs pays pauvres ont demandé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de les aider.

Mais les nations plus riches s'opposent aux dispositions du droit international qui leur permettraient d'y parvenir.

C'est ce qui ressort d'une fuite du texte de négociation d'une résolution de l'OMS sur la question.

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Parmi ces nations riches figurent le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Union européenne.

"Si nous pouvions y inclure un libellé permettant aux pays de produire plus facilement plus de vaccins et plus de médicaments sur leur territoire, cela inclurait des initiatives qui financeraient et faciliteraient cela. Le Royaume-Uni est à l'opposé de l'argument qui consiste à essayer de supprimer ce genre de propositions progressistes du texte", déclare Diarmaid McDonald, de Just Treatment, un groupe de patients pour un accès équitable aux médicaments.

Un porte-parole du gouvernement britannique souligne qu'"une pandémie mondiale exige une solution mondiale et le Royaume-Uni est à l'avant-garde, faisant avancer les efforts pour garantir un accès équitable aux vaccins et aux traitements Covid dans le monde entier".

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Le porte-parole précise que le Royaume-Uni est l'un des principaux donateurs aux efforts internationaux visant à garantir que plus d'un milliard de doses de vaccins contre le coronavirus parviennent aux pays en développement cette année.

La question de savoir si et quand les gouvernements doivent intervenir pour garantir un approvisionnement abordable en médicaments est une question de longue date.

Mais la capacité des différents pays à s'approvisionner en vaccins et en médicaments a été mise en évidence par la pandémie.

De nombreux experts affirment qu'un accès équitable aux vaccins est essentiel pour prévenir les cas et les décès et contribuer à l'immunité de la population mondiale.

Mais la capacité mondiale de production de vaccins représente environ un tiers de ce qui est nécessaire, selon Ellen t'Hoen, experte en politique des médicaments et en droit de la propriété intellectuelle.

"Ce sont des vaccins qui sont produits dans les pays riches et qui sont en général conservés par ces pays riches", dit-elle.

"Les pays en développement disent que nous devons avoir une part du gâteau, non seulement la part des vaccins, mais aussi la part du droit de produire ces vaccins", ajoute-t-elle.

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Pour fabriquer un vaccin, il faut non seulement avoir le droit de produire la substance dont il est composé (qui est protégée par des brevets), mais aussi savoir comment le fabriquer, car la technologie peut être complexe.

L'OMS n'a pas le pouvoir de contourner les brevets, mais elle tente de réunir les pays pour trouver un moyen de renforcer l'approvisionnement en vaccins.

Les discussions portent notamment sur l'utilisation des dispositions du droit international pour contourner les brevets et aider les pays à avoir la capacité technique de les fabriquer.

Mais l'industrie pharmaceutique fait valoir que l'érosion des brevets entraverait sa capacité à investir dans les traitements futurs du Covid et d'autres maladies.

Au début du mois, des représentants de l'industrie pharmaceutique américaine ont écrit au président américain Joe Biden pour lui faire part de leurs préoccupations.

"L'élimination de ces protections compromettrait la réponse mondiale à la pandémie", ont-ils écrit, y compris les efforts en cours pour s'attaquer aux nouvelles variantes.

Cela créerait également une confusion qui pourrait potentiellement miner la confiance du public dans la sécurité des vaccins, et créerait un obstacle au partage d'informations, ont plaidé les représentants.

"Plus important encore, l'élimination des protections n'accélérerait pas la production", ont-ils ajouté.

D'autres sont d'accord. Anne Moore, experte en immunologie des vaccins, s'inquiète de l'impact que l'affaiblissement des brevets aura sur les recherches futures.

"Au fil du temps, nous constatons que de moins en moins d'organisations et de sociétés commerciales sont présentes dans le domaine des vaccins, car le rendement est si faible", dit-elle.

Les entreprises pharmaceutiques soulignent qu'elles ont également fait des dons financiers et offert des médicaments pour aider à lutter contre la pandémie.

Mais les activistes soutiennent qu'environ 90 milliards de livres sterling (+ de 68 543 milliards FCFA) de fonds publics ont été consacrés au développement de traitements et de vaccins contre le Covid, et que le public devrait donc être concerné. Une fois la pandémie terminée, il y aura beaucoup d'argent à gagner, disent-ils.

"Il est évident qu'il existe des plans à plus long terme pour augmenter le prix de ces vaccins une fois que la phase la plus urgente de la pandémie sera terminée. C'est donc une autre raison pour laquelle les pays en développement disent que nous devons acquérir la capacité de produire ces vaccins nous-mêmes dès maintenant", explique Mme t'Hoen.

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