Syrie: "preuves" d’arme chimique

Image caption Des images d'une attaque présumée à l'arme chimique ont été postées sur YouTube.

Des preuves “limitées mais croissantes” existent que le régime syrien a eu recours à l’arme chimique, selon le Premier ministre britannique David Cameron.

“C’est extrêmement grave, un crime de guerre”, a déclaré David Cameron, pour qui cette escalade est de nature à encourager la communauté internationale à "faire davantage".

Il a toutefois exclu d’envoyer des soldats britanniques “au sol”.

Jeudi, les Etats-Unis ont reconnu pour la première fois que le régime syrien avait probablement utilisé des armes chimiques, tout en soulignant que leurs renseignements n'étaient pas suffisants pour avoir la certitude que Damas avait franchi la "ligne rouge" tracée par Washington.

"La communauté américaine du renseignement conclut, avec différents degrés de certitude, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle en Syrie, en particulier du sarin", a affirmé le secrétaire à la Défense Chuck Hagel.

Échantillons

Le Foreign Office britannique a fait écho aux affirmations américaines, indiquant qu’il avait obtenu des informations limitées mais convaincantes d’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

Le Royaume-Uni aurait obtenu des échantillons de Syrie, qui ont été analysés par un laboratoire militaire à Porton Down dans le Wiltshire.

Ces échantillons ont testé positif au sarin, une substance extrêmement toxique, considérée comme une arme de destruction massive par les Nations Unies.

La Syrie possède des stocks importants d’armes chimiques, et la communauté internationale s’inquiète depuis plusieurs mois de la sûreté de ces stocks.

Témoignage

Anthony Lloyd, journaliste au Times, a décrit à la BBC les conséquences d’une attaque chimique présumée au début du mois à Alep dans le nord de la Syrie.

Une vidéo qui lui a été montrée par des médecins traitant les patients montre “clairement qu’ils ont été gazés”, selon Anthony Lloyd.

Aucun des patients ne souffre d'éclats de balles ou d’explosions, mais ils ont la bouche recouverte d’une mousse baveuse et les pupilles dilatées.

L'ONU veut enquêter

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a renouvelé jeudi son "appel urgent" au gouvernement syrien pour qu'il autorise une équipe de l'ONU à aller enquêter sur le terrain.

De son côté, un haut responsable de l'administration américaine a souligné que si les faits finissaient par être établis, "il est évident que toutes les options (seraient) sur la table en terme de réaction".

Mais il a appelé à la prudence, faisant allusion aux "armes de destruction massive" censées avoir été détenues par le régime de Saddam Hussein en Irak selon la communauté du renseignement.

Elles avaient servi de prétexte à l'invasion du pays en 2003 mais n'ont jamais été retrouvées.

Le président américain Barack Obama a jusqu’ici exclu toute intervention militaire en Syrie, jugée trop complexe et incertaine.

Mais les Républicains au Congrès estiment que le président syrien Bachar al-Assad a déjà franchi la ligne rouge.