L'Italie a un nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement italien pendant la cérémonie de prestation de serment au palais Quirinal.
Image caption Le nouveau gouvernement italien pendant la cérémonie de prestation de serment au palais Quirinal à Rome.

Le numéro 2 du Parti démocratique, de centre-gauche, Enrico Letta, a prêté serment dimanche au palais du Quirinal, la résidence officielle du président de la république à Rome.

La nouvelle coalition au pouvoir, dont la formation constitue un compromis historique, aura pour première tâche de relancer la croissance, lutter contre le chômage, notamment des jeunes et de réduire l'endettement public.

La prestation de serment du nouveau premier ministre et des membres du cabinet met fin à deux mois de crise politique, le verdict des urnes n'ayant pas permis de dégager une claire majorité lors des dernières élections législatives et sénatoriales.

Au moment où le gouvernement Letta prêtait serment des coups de feu ont été tirés, devant le Palais Chigi, siège du gouvernement.

Selon l'agence Ansa, il y a eu trois blessés, deux carabiniers et la personne qui a tiré sur eux.

L'agresseur aurait des problèmes psychiques.

Le nouveau président du conseil, Enrico Letta, 46 ans, un européen convaincu, avait été chargé mercredi de former un nouveau gouvernement par le président de l'Etat, Giorgio Napolitano, récemment réélu à l'âge de 87 ans.

Image caption Cécile Kyenge, ministre de l'Intégration dans le nouveau gouvernement dirigé par Enrico Letta.

Le cabinet comprend 21 ministres dont sept femmes, un record en Italie.

Neuf ministres appartiennent au Parti démocrate, principal parti du centre gauche, cinq du PDL de Silvio Berlusconi, ancien président du conseil, trois centristes, quatre autres étant des technocrates.

Autre caractéristique notable de la nouvelle équipe gouvernementale, la moyenne d'âge des ministres est de seulement 53 ans, soit 10 de moins que le gouvernement Monti.

Le manque d'expérience de certains ministres devrait être atténué par la présence de figures de poids comme le ministre de l'Economie Fabrizio Saccomanni, ancien gouverneur de la Banque d'Italie, et la ministre des Affaires étrangères Emma Bonino, ancien commissaire européen.

Certains quotidiens italiens s'inquiètent de l'emprise que pourrait avoir le "Cavaliere" (Silvio Berlusconi, trois fois président du conseil) sur l'exécutif, dont son bras droit Angelino Alfano est le numéro deux (vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur).

La nouvelle ministre de la Justice, Annamaria Cancellieri, sera appelée à superviser les démêlés judiciaires du Cavaliere, poursuivi en appel pour fraude fiscale (procès Mediaset) et en première instance pour avoir eu une relation sexuelle avec une mineure (Rubygate).

Relancer l'économie.

Le nouveau ministre de l'Economie Fabrizio Saccomanni a préconisé dimanche une "recomposition des dépenses" publiques pour stimuler la croissance à travers un "pacte" entre les banques, les consommateurs et les entreprises.

Cet ancien directeur de la Banque d'Italie décrit comme sensible aux questions comme la précarité et le chômage des jeunes, a souhaité, dans un entretien à Repubblica, la conclusion d'un "pacte" pour retirer "le facteur psychologique d'incertitude" qui bloque actuellement les investissements et les dépenses des consommateurs.

Toutes les décisions du nouveau ministre seront observées de près par les marchés inquiets de l'énormité de la dette italienne qui dépasse les 2.000 milliards d'euros.

L'Italie, troisièem économie de la zone euro, est plongée dans la plus longue période de récession de l'après-guerre et le gouvernement Letta fait l'objet de fortes pressions pour prendre des mesures de relance de la croissance, tout en respectant les contraintes de rigueur européenne.

Dans un entretien à la Repubblica, M. Saccomanni a souligné vouloir soutenir "les entreprises et les couches les plus faibles" de la population, dont la fragilité s'est accrue sous le coup d'une série de plans d'austérité adoptés successivement par les gouvernements Berlusconi et Monti.

L'ancien banquier central a indiqué que son objectif est de faire descendre le spread, le différentiel entre les taux obligataires italiens à dix ans et ceux de l'Allemagne (référence sur les marchés) à "1 point de pourcentage ou moins" contre près de 3 points actuellement.

La troisième force politique du pays, le Mouvement 5 Etoiles, de tendance populiste, dirigé par un ancien comique, Beppe Grillo, a refusé de participer au gouvernement.