Ecosse : lendemain de référendum

Le premier ministre écossais Alex Salmond
Image caption Le premier ministre écossais Alex Salmond

Le Non l'a emporté au referendum de jeudi, mais l’heure n’est pas au statu quo, car le simple fait d’avoir organisé ce referendum en Ecosse pose la question de la décentralisation des pouvoirs au Royaume Uni

Depuis 1997, l’Ecosse s’est engagé dans un processus d’autonomisation. Elle est l’une des nations constitutives du Royaume Uni les plus autonomes, possédant son propre parlement avec mandat pour voter des lois dans certains domaines. L’Irlande du Nord ou le Pays de Galles n’en sont pas encore là

L’Ecosse dispose de pouvoirs limités concernant l’éducation, la justice, la santé, l’environnement, le logement et le tourisme. La sécurité sociale, l’immigration, les questions de défense, le commerce, l’industrie et surtout les finances restent le domaine réservé de Westminster, le pouvoir britannique. La première chose que réclament les partisans d’une plus grande autonomie en Ecosse, c’est le pouvoir financier, notamment celui de lever des impôts, en particulier l’impôt sur le revenu.

Une commission dédiée à la dévolution des pouvoirs en Ecosse va être mise sur pied, son président désigné. Le premier ministre britannique a annoncé la création de cette commission, avec des mesures concrètes dès le mois de novembre prochain.

Néanmoins, il y a un écueil de taille pour la réalisation de ces mesures. Les élections de 2015, qui pourraient voir une nouvelle majorité apparaitre à Westminster, et avec elle, des réticences à exécuter les promesses du régime précèdent.

Dans le camp du Oui à l’indépendance, on considère ces mesures de décentralisation comme un bluff du pouvoir central; promettre le devo max, soit la dévolution maximale, que le parti nationaliste écossais, a l’origine de ce referendum a toujours prôné, sans avoir forcement l’intention ou la possibilité de tenir ces promesses.

Pour autant tous les partis politiques, y compris le principal parti de l’opposition, les travaillistes, ont promis de tirer les leçons du referendum. Les partisans du Oui, forts d’un score loin d’être ridicule (45% des écossais sont favorables à l’indépendance) disent tous rester mobilisés… même après la démission du premier ministre, Alex Salmond.