Accord entre Sanaa et les rebelles houthis

Depuis plus d'un mois, les rebelles campent sur la route de l'aéroport de Sanaa. Copyright de l’image EPA
Image caption Depuis plus d'un mois, les rebelles campent sur la route de l'aéroport de Sanaa.

Au Yémen, après trois jours de combats dans la capitale Sanaa, un accord a été trouvé entre les deux belligérants, a annoncé l’ONU. Un couvre-feu a aussi été décrété pour la nuit de samedi à dimanche.

"Cet accord sera un document national qui fera avancer la voie d'un changement pacifique (...)", a déclaré l'émissaire de l’ONU, Djamal Benomar, dans un communiqué.

Les préparatifs sont en cours pour la signature de cet accord qui sera un traité national et permettra de fonder un partenariat national au Yémen, a-t-il ajouté.

Le président yéménite Abd Rabbou Mansour Hadi avait auparavant appelé à un règlement politique de la crise avec les rebelles chiites via la médiation des Nations unies.

Deux précédents accords de sortie de crise annoncés ces dix derniers jours par les autorités n'avaient pas été suivis d'effet.

Les récents combats ont fait craindre le gouvernement que la capitale pourrait tomber aux mains des rebelles, qui demandent des réformes politiques et économiques.

Par ailleurs, un couvre-feu nocturne a été décrété samedi dans quatre quartiers du nord-ouest de Sanaa, théâtre de combats entre rebelles houthis et combattants sunnites soutenus par l'armée, a annoncé le Haut comité de sécurité.

Cette décision fait suite à une intensification des heurts entre les rebelles houthis d'Ansarullah et les combattants sunnites du parti islamiste Al-Islah, qui ont fait depuis jeudi des dizaines de morts parmi les protagonistes dont 22 civils.

Des explosions ont notamment été entendues près du Ministère de l’Intérieur tandis que l’université de Sanaa a été touchée par des tirs de mortier.

Les écoles sont fermées jusqu’à nouvel ordre et les vols internationaux vers la ville ont été suspendus.

Le chef d’état yéménite a accepté d’impliquer les rebelles dans la formation d’un nouveau gouvernement pour remplacer le cabinet actuel devenu impopulaire à la suite de la mise en place, plus tôt dans l’année, de plusieurs mesures d’austérité décriées telle que la hausse du prix du carburant.

Mais les rebelles réclament également des positions clés dans les institutions d’Etat dans le but de jouer un plus grand rôle sur la scène politique du pays.