Les Danois manifestent contre la violence

Des milliers de manifestants à Copenhague Copyright de l’image Reuters
Image caption Des milliers de manifestants à Copenhague

Quelque 30.000 Danois ont rendu hommage lundi soir à Copenhague aux victimes des attaques ayant visé la communauté juive et un lieu symbolique de la liberté d'expression ce week-end.

Le rassemblement s'est tenu dans un froid glacial sous le signe du recueillement, de l'unité et de l'émotion, après la double fusillade qui a fait deux morts et cinq blessés, ce week-end.

Devant un public nombreux, encadré par des policiers lourdement armés, la chef du gouvernement, Helle Thorning-Schmidt a déclaré "une attaque contre les juifs du Danemark est une attaque contre le Danemark".

Toujours sous le choc, les Danois voulaient massivement dire non aux violences après les tirs meurtriers d'un homme, devant un centre culturel samedi. La fusillade y avait fait un mort, un réalisateur de 55 ans, Finn Nørgaard, et trois blessés parmi les policiers. Le centre accueillait un débat sur l'islamisme et la liberté d'expression avec l'artiste suédois Lars Vilks, 68 ans, bête noire des fondamentalistes depuis qu'il a dessiné Mahomet avec un corps de chien en 2007.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une deuxième fusillade a visé une synagogue de la capitale danoise, faisant un mort, un juif de 37 ans qui montait la garde, et blessant deux autres policiers.

A Copenhague, la police a annoncé l'arrestation et l'inculpation pour complicité lundi de deux hommes soupçonnés d'avoir aidé l'auteur présumé des attentats à faire disparaître une arme et à se procurer une cachette. Leur identité n'a pas été divulguée.

Copyright de l’image BBC World Service
Image caption Hommages aux victimes

Le principal suspect, tué dimanche par les forces de l'ordre sur lesquelles il avait ouvert le feu, a suscité des hommages troublants: des dizaines de bouquets de fleurs ont été déposés lundi devant l'immeuble du quartier populaire de Nørrebro où il a été abattu.

Le nom d'Omar El-Hussein, connu de la police pour des actes de délinquance, avait été ajouté par les services de renseignement (PET) sur une liste d'islamistes pour avoir clamé en prison son envie d'aller combattre en Syrie, selon le journal Berlingske. Un ex-condisciple l'a décrit comme ouvertement antisémite.