Immigration : sérieux revers pour Obama

Une jeune immigrante lors d'une cérémonie de naturalisation en Floride Copyright de l’image BBC World Service
Image caption Une jeune immigrante lors d'une cérémonie de naturalisation en Floride

Un magistrat américain a suspendu le décret présidentiel qui devait entrer en vigueur mercredi, amnistiant près de la moitié des quelque 11 millions d'immigrés clandestins sont menacés d'expulsion. C'est un sérieux revers pour le président Barack Obama.

L'administration Obama va faire appel de la décision rendue par le juge Andrew Hanen, un magistrat fédéral nommé par George W. Bush en 2002 et siégeant à Brownsville, au Texas. Le magistrat a été saisi par 26 des 50 Etats de la fédération, dont le Texas. Ces Etats contestent la constitutionnalité du décret adopté par Barack Obama le 20 novembre, en faisant valoir que le chef de l'Exécutif n'a pas le pouvoir de choisir quelles lois votées par le Congres son gouvernement applique ou non.

Le décret présidentiel en question vise à épargner toute procédure d'expulsion, en cours ou à venir, à certains immigrés clandestins ayant des enfants qui sont citoyens américains du fait de leur naissance aux Etats-Unis et à certains sans-papiers dont les enfants ont la fameuse carte verte, c'est-à-dire un permis de séjour permanent aux Etats-Unis.

Le décret signé par le président Obama devait entrer en vigueur mercredi et concerner quelques 5 millions de sans-papiers.

Dans sa décision, le magistrat ne se prononce pas sur le fond, mais il considère que l'Administration Obama n'a pas respecté la procédure. Il reproche ainsi au gouvernement fédéral de ne pas avoir laissé les citoyens adresser au gouvernement leurs commentaires à propos du règlement d'application du décret pris par le ministère de la sécurité intérieure.

En attendant qu'il se prononce sur le fond, c'est-à-dire sur la constitutionnalité du décret sur l'immigration, le juge Hanen ordonne la suspension de la régularisation des clandestins concernés.

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Image caption Barack Obama : "La loi est de notre côté"

A Washington, la Maison Blanche déplore la décision du juge. « La loi est de notre côté », a déclaré Barack Obama. Son porte-parole, Josh Earnest, a réaffirmé le droit du président de « définir des priorités dans l'application des lois sur l'immigration», un droit qui, selon lui, a été reconnu au fil des décennies par le Congrès et la Cour Suprême des Etats-Unis.

Le ministère de la sécurité intérieure indique qu'il est « en désaccord » avec la décision du magistrat mais qu'il va s'y plier. Le ministère de la Justice annonce pour sa part qu'il va faire appel.

Par ailleurs, les associations d'immigrés et le Mexique, d'où proviennent une grande partie des sans-papiers concernes, dénoncent la décision du magistrat texan. « Ces mesures sont un juste remède pour des millions de familles et peuvent renforcer la contribution que les immigrés mexicains apportent à l'économie et à la société américaines », a estimé José Antonio Meade Kuribreña, le ministre mexicain des Affaires étrangères.