L’Italie s’oppose à la conception à 3

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Image caption De nombreux médecins pensent que la fécondation à trois pourrait sauver des vies.

Au moins 50 députés italiens ont demandé à la Chambre haute du Parlement britannique de ne pas adopter la loi autorisant la conception d’un enfant avec l'ADN de trois personnes.

Ils ont pris cette position dans une lettre publiée par le journal britannique The Times.

Les députés italiens estiment que cette forme de fécondation in vitro pourrait avoir des conséquences incontrôlables et imprévisibles.

Si la Chambre des Lords – la Chambre haute - du Parlement britannique adopte cette loi, la Grande-Bretagne sera le premier pays à pratiquer la fécondation de bébés à trois.

Deux femmes et un homme

Les députés de la Chambre des communes de la Grande-Bretagne se sont prononcés le 3 février dernier en faveur de l’adoption d’une technique permettant de concevoir un enfant en utilisant l'ADN de trois personnes, deux femmes et un homme.

Cette technologie servira à bloquer les maladies génétiques mortelles, qui se transmettent d’une mère à son enfant.

Quelque 382 députés avaient voté pour la loi. Cent vingt-huit avaient voté contre.

La fécondation in vitro ne concerne qu'une petite minorité de couples, mais elle a suscité un débat éthique féroce et a divisé la Grande-Bretagne.

Interdiction

Selon Fergus Walsh, un spécialiste de la BBC pour les questions de santé, les Eglises catholique et anglicane d'Angleterre ont émis des réserves, en préconisant l’interdiction de cette innovation.

Les opposants à cette technologie, parmi lesquels des experts universitaires, ont avancé qu'elle pourrait comporter des risques inconnus importants. D'autres ont invoqué des préoccupations éthiques pour la rejeter.

De nombreux médecins pensent pourtant que ce procédé pourrait sauver des vies.

Environ un bébé sur 6.500 naît chaque année au Royaume-Uni avec un dysfonctionnement mitochondrial transmis par la mère.

Ces enfants n’ont pas l’énergie musculaire nécessaire au fonctionnement de l’organisme, ce qui, dans les cas les plus graves, peut se révéler mortel.

Les premiers bébés issus de cette technique pourraient naître dès 2016.