Hedge Funds, l'importance de cultiver son jardin

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En Anglais, le mot hedge est souvent employé pour désigner une haie de jardin, une barrière naturelle qui isole et protège. En finance, on parle également de protection, mais les hedge funds sont souvent perçus comme des produits risqués et opaques.

C’est la raison pour laquelle ils sont destinés à des investisseurs dits "qualifiés", ce qui inclut les particuliers fortunés, pour lesquels une perte éventuelle ne compromettra pas une proportion trop importante de leur patrimoine total.

L’étude que nous menons chaque année vient de mettre à jour comment l’industrie des hedge funds, qui s’était fortement institutionnalisée depuis le début de la crise, commence à présenter un regain d’intérêt pour les particuliers fortunés, et comment cette nouvelle tendance est en partie liée à une amélioration de la qualité opérationnelle des nouveaux produits disponibles sur le marché.

La crise économique et financière a provoqué une transformation profonde du système bancaire, ce qui a notamment entraîné une redistribution des rôles en termes tant de financement de l’économie que des produits disponibles aux investisseurs.

Une offre plus abondante

Les traders, poussés par de nouvelles régulations restreignant leurs activités, continuent de quitter les banques, avec, bien souvent, l’ambition de créer leurs propres hedge funds. Cette augmentation de l’offre, ainsi que l’entrée en jeu d’acteurs institutionnels tels que les fonds de pension, a forcé les managers à améliorer la qualité opérationnelle de leurs produits, dans le cadre d’une compétition accrue.

Une offre plus abondante et une demande moins fluide de la part d’une clientèle plus exigeante et plus méfiante ont contribué à cette évolution, qui, par une sorte de feedback loop, est en train d’aboutir à un retour – certes timide – sur le marché de particuliers dont la confiance et l’appétit avaient été érodés pendant ces années de crise.

La publicité accrue d’un secteur souvent resté dans l’ombre – les régulateurs internationaux parlent de shadow banking – et des opportunités d’investissement non négligeables dans un contexte encore difficile sont d’autres facteurs contribuant à cette tendance apparente.

Une activité risquée

Les retours ne viennent pas toutefois sans risques et il est important de savoir faire un tri informé. Les investisseurs qui s’intéressent aux hedges ne le font pas comme ils choisiraient de planter des haies dans un jardin à leurs heures de loisir. Ils abordent souvent le sujet sérieusement – ce qui pourrait contribuer à expliquer la recrudescence des programmes d’éducation – et, dans le meilleur des cas, avec une pleine conscience des risques.

Apprendre, travailler à faire grandir son patrimoine, sont autant de façons d’interpréter la conclusion de Candide : "Il faut cultiver son jardin".