Bruxelles : un groupe d’extrême droite

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Image caption Marine Le Pen, leader de l'extrême droite française, le Front National

Le chemin pour parvenir à la constitution du groupe parlementaire n'a pas été de tout repos. De quoi inquiéter aussi bien la droite que la gauche européennes.

Composé de 37 membres et baptisé «Europe des Nations et des Libertés», ce groupe est «une réponse implacable» à ceux qui doutaient de l'utilité à Bruxelles du Front national (FN), et il entend «combattre la Commission européenne et ses turpitudes», a averti Marine Le Pen, la présidente du FN lors d'une conférence de presse mardi au siège du Parlement européen.

Le politicien néerlandais, Geert Wilders, qui est connu pour ses positions anti-islamiques, a salué le nouveau groupe en déclarant qu'il lutterait contre l'immigration de masse et "l'islamisation de l'Europe". Pour lui, la formation du groupe fut un moment historique:

"Aujourd'hui, c'est le Jour J, c'est le début de notre libération. Nous sommes enfin à ce jour J, ce jour de libération, nous formons un groupe avec des politiciens de sept pays différents dans l'Europe des Nations et des Libertés, et je crois vraiment qu'aujourd'hui est un moment historique’’, s’est-il réjoui.

Le député du parti autrichien de la liberté, FPO, Harald Vilimsky, a déclaré que le groupe nouvellement formé les aiderait à empêcher un transfert ultérieur des responsabilités des parlements nationaux à Bruxelles:

"Nous voulons la coopération, la coopération sur le même niveau, dans l'amitié, entre les Etats, mais pas de gouvernement central à Bruxelles, pas de transfert de compétences du parlement national et les personnes vers un super État européen. Ce serait contraire à ce que nous voulons et aujourd'hui nous avons jeté une base pour œuvrer dans cette direction pour la prochaine année’’, a-t-il indiqué.

L'Europe des Nations et des Libertés est le huitième groupe constitué au sein du Parlement européen élu en 2014, et du second labellisé europhobe et anti-immigration, avec «Europe de la liberté et de la démocratie directe» ELDD, avec 46 membres, bâti autour du parti britannique Ukip de Nigel Farage et du mouvement italien Cinq étoiles de Beppe Grillo.

Le groupe, le plus petit du Parlement, sera coprésidé par Marine Le Pen et Marcel de Graaff, du PVV néerlandais, un des alliés «historiques» de la dirigeante du FN en Europe, avec le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), la Ligue du Nord italienne et le Vlaams Belang flamand.

Les réactions de la droite ne se sont pas faites attendre. L'Allemand Manfred Weber, président du groupe PPE, le principal du Parlement européen, a sur son compte twitter appelé «toutes les forces constructives à serrer les rangs et se battre résolument pour apporter des bons résultats dans l'intérêt des citoyens».

Quant au groupe des Verts, la formation du groupe d'extrême droite est un signal envoyé selon lui aux «partis traditionnels» qui ont «failli à la promesse fondatrice de l’Union européenne d'une prospérité durable et partagée».