CPI: Lubanga n'est pas le "bouc émissaire"

Thomas Lubanga, attendant le verdict de son procès pour crimes de guerre devant la CPI à La Haye, au Pays-Bas le 1er décembre 2014. Copyright de l’image MICHAEL KOOREN
Image caption Thomas Lubanga, attendant le verdict de son procès pour crimes de guerre devant la CPI à La Haye, au Pays-Bas le 1er décembre 2014.

L'avocat de l'ancien chef de guerre congolais Thomas Lubanga a dénoncé, jeudi, la volonté de la Cour pénale Internationale (CPI) de faire payer à son client les indemnités de l'ensemble de ses victimes.

"On ferait alors de Thomas Lubanga le bouc émissaire du phénomène des enfants soldats en Ituri", a déclaré Me Jean-Marie Biju-Duval lors de l'audience devant la Cour à la Haye, aux Pays-Bas.

L'avocat a évoqué une identification difficile des enfants soldats qui, selon lui, sont éparpillés dans l'Ituri et dans toute la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Me Biju-Duval estime que la décision de la CPI risque de raviver les tensions dans la région.

Il plaide pour que Thomas Lubanga, actuellement détenu en RDC, participe à une cérémonie traditionnelle de réconciliation.

Pour le représentant des victimes, Luc Walleyn, les propos de Me Biju-Duval, constitue un aveu sur "la réalité du recrutement d'enfants de moins de quinze ans" au sein de l'Union des patriotes congolais (UPC).

Un million d'euros ont été alloués au dossier par le Fonds d'indemnisation des victimes de la CPI.

Cet organe indépendant mis en place par le statut de Rome, traité fondateur de la Cour, demande notamment l'approbation des juges pour son plan de trois ans visant à réhabiliter les victimes.

L'ex-leader de l'UPC a été reconnu coupable en 2012 d'enrôlement d'enfants et de leur utilisation comme soldats ou gardes du corps en 2002 et 2003 dans l'Ituri, à l'Est de la RDC.

Il a été condamné à 14 ans de prison pour crimes de guerre par la CPI qui a jugé qu'il devait payer "personnellement" les indemnisations collectives destinées à ses victimes.

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