Burkina : les parcelles de la discorde

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Image caption Salif Diallo, le président de l'Assemblée nationale du Burkina Faso

L'Assemblée nationale du Burkina Faso a autorisé jeudi, lors d'une séance plénière, le retrait des terrains affectés aux bénéficiaires entre 1995 et 2015, dans 15 communes urbaines.

Les députés ont pris cette décision sur la base des conclusions d'une commission parlementaire chargée du foncier urbain.

Après trois mois d'enquête, les commissaires de l'Assemblée nationale ont estimé que les parcelles ont été attribuées en violation des règles en matière de distribution de la terre.

Dans un rapport de 300 pages, les enquêteurs ont dénoncé la gestion du foncier par le régime de Blaise Compaoré.

Selon eux, plusieurs personnalités politiques, dont d'anciens maires, et des entreprises immobilières ont privé l'Etat et les populations des terrains en questions.

Deux des sociétés bénéficiaires des parcelles illégalement attribuées appartiennent à Alizéta Ouédraogo, la belle-mère de François Compaoré, le frère cadet de Blaise Compaoré.

La commission parlementaire constate qu'à Ouagadougou, la capitale, 95 137 parcelles ont été illégalement attribuées.

A Bobo-Dioulasso et à Koudougou, la deuxième ville et la troisième du pays, 6 297 et 1 198 terrains ont été acquis de manière illégale.

Une source parlementaire précise que le retrait des parcelles illégalement attribuées est légal parce qu'étant prévu par la loi burkinabè. Elle affirme que le préjudice causé à l'Etat par l'attribution illégale des terrains est estimé à 100 milliards de francs CFA.

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