"Les gens qui m'ont lapidé m'ont fait élire"

Livey Van Wyk et son fils Remi aux côtés de David Beckham lors du 70ème anniversaire de l'UNICEF au Siège de l'ONU, le 12 décembre 2016, à New York. Copyright de l’image Noam Galai
Image caption Livey Van Wyk et son fils Remi aux côtés de David Beckham lors du 70ème anniversaire de l'UNICEF au Siège de l'ONU, le 12 décembre 2016, à New York.

En 2010, à l'âge de 26 ans, Livey Van Wyk est devenue la plus jeune personne à être élue maire en Namibie.

C'est un exploit d'autant plus extraordinaire que quelques années auparavant, les habitants de sa commune de Witvlei avaient clairement indiqué qu'elle n'y était pas la bienvenue.

Elle a été attaquée et ostracisée parce qu'elle était séropositive.

Mme Livey avait été testée positive au VIH Sida peu de temps après avoir découvert qu'elle était enceinte.

Alors adolescente, la jeune femme a expliqué qu'elle peinait à supporter cette situation.

Elle a ajouté qu'elle n'était ni physiquement ni mentalement prête à assumer la grossesse et la maladie à cette période.

"Après les résultats du diagnostic, le médecin a transmis les résultats au pasteur qui m'a appelé et m'a demandé de rester forte et de me préparer car j'allais mourir", se rappelle l'élue.

Livey Van Wyk se souvient également qu'à l'école, elle était rejetée par ses camarades. "Personne n'acceptait de jouer avec moi. Les parents d'élèves étaient venus se plaindre auprès de l'école qui a appelé ma mère lui signifiant que j'étais exclue de l'établissement", narre la mairesse.

La jeune femme "voulait se donner la mort étant donné que l'environnement devenait pesant autour d'elle jour après jour". Elle raconte qu'un jour, elle a surpris sa maman en train de discuter de ses funérailles avec quelqu'un d'autre et que cela lui a davantage fait peur.

C'est alors qu'elle est allée dans son village rejoindre sa grand-mère qui, elle, ne l'a pas stigmatisée malgré la maladie. En dépit de son âge très avancé, elle s'est sacrifiée pour sa petite-fille, renonçant à aller à l'église pour rester à ses côtés pour s'occuper d'elle et lui remonter le moral.

"Parfois quand je me promenais seule, les jeunes de mon âge me jetaient des pierres, se demandant pourquoi j'avais décidé de venir terminer ma vie dans ce village", a affirmé Livey Van Wyk.

L'édile souligne que la naissance de son enfant, séronégatif, l'a beaucoup aidé à surmonter ses difficultés et à lui redonner espoir.

En devenant maire de sa ville en 2010, Livey Van Wyk estime qu'elle a remporté une victoire contre la stigmatisation et que c'était une manière pour sa communauté de se faire pardonner pour le mauvais traitement qu'elle lui a infligé dans le passé.

"Ceux qui m'ont lapidés, sont ceux qui m'ont choisie pour devenir leur maire", conclut-elle.

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