Focus sur le tourisme en Gambie

De belles plages avec du sable à l'infini. C'est l'une des images courantes du tourisme en Gambie.
Image caption De belles plages avec du sable à l'infini. C'est l'une des images courantes du tourisme en Gambie.

La Gambie pays reçoit près de 150.000 touristes par an, des européens mais aussi quelques africains. C'est l'un des secteurs les plus dynamiques de l'économie. Il y a quelques risques comme la fuite des capitaux ou encore le tourisme sexuel auquel les acteurs tentent de faire face.

De belles plages avec du sable à l'infini. C'est l'une des images courantes du tourisme en Gambie.

De Bjilio à Serekunda en passant par Kotu, Fajara, Bakau ou Brufut les sites d'accueil proposent une assez abondante verdure et du soleil.

Le pays accueille chaque année une moyenne de 150.000 touristes par an, La récente épidémie d'Ebola a quelque peu affectée cette fréquentation mais les touristes ont montré qu'ils sont bien de retour durant l'année 2016.

C'est depuis les années 60 que la Gambie est devenue une destination prisée par les touristes européens. Parmi ses avantages, une flore et une faune attrayante, la proximité avec l'Europe. Mais il y a surtout la stabilité et la paix, selon Bunama Njie, vice-président de l'association des hôtels de Gambie.

"Au-dessus de tout cela il y a la stabilité et la tranquillité de nous vivons depuis l'indépendance. C'est l'une des composantes clés qui amènent les gens à nous choisir. Car personne ne veut aller dans un endroit aussi magnifique avec le risque de vivre des troubles ou des violences pendant ses vacances", déclare-t-il.

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Image caption De Bjilio à Serekunda en passant par Kotu, Fajara, Bakau ou Brufut les sites d'accueil proposent une assez abondante verdure et du soleil.

Ces touristes viennent essentiellement du royaume uni, des pays bas. Mais les chiffres du ministère gambien du tourisme montrent depuis 2014 l'émergence progressive de nouveaux marchés comme les Américains, les Tchèques mais aussi des Nigérians.

Mr Bunama Njie, qui dirige également l'un des plus grands hôtels du pays explique que la sous-région constitue un marché à fort potentiel pour la basse saison entre avril et septembre. Les ressortissants ouest africains peuvent y trouver beaucoup d'avantages.

"Beaucoup d'Africains pensent à visiter l'occident. Or il y a des problèmes comme le visa, toutes les formalités qu'on va te demander, la promesse de revenir chez si, des choses un peu humiliantes même des fois. Donc nous mettons de plus en plus l'accent sur la sous-région. Donc l'Afrique est un nouveau marché et nous avons commencé avec le Nigeria. C'est un très bon début", déclare-t-il.

Selon l'autorité gambienne du tourisme, le secteur emploie plus de 10.000 personnes et représente plus de 15% du Produit intérieur brut (PIB) du pays. Dans le lot, nous avons rencontré plusieurs guides. Demba Diouf, président de l'association des guides touristiques, estime qu'ils ont des acteurs qui soutiennent leur famille et leur communauté.

"Nous ne sommes pas la seulement pour gagner de l'argent. Nous contribuons à changer des vies autour de nous. Certains parmi nous ont créé de petites Ongs qui aident leur communauté et des enfants. Personnellement je sponsorise 5 enfants. Nous aidons à construire des écoles", ajoute-t-il.

La plupart des infrastructures sont détenues par des étrangers notamment des libanais. Ce qui limite l'impact des revenus dont l'essentiel serait envoyé hors du pays, même si des chiffres ne sont pas disponibles.

Image caption La plupart des infrastructures sont détenues par des étrangers notamment des libanais. Ce qui limite l'impact des revenus dont l'essentiel serait envoyé hors du pays, même si des chiffres ne sont pas disponibles.

C'est l'avis de Abdoulaye Kurang, professeur en sciences du développement à l'université de Gambie qui met aussi en avant la tendance à un tourisme sexuel, encouragé par la pauvreté ambiante.

"Il y a la fuite des capitaux car la plupart des installations sont détenues par les étrangers. Sans oublier les impacts sociaux qui sont des mauvais côtés. Je veux parler du tourisme sexuel, avec l'abus sexuel sur des enfants ou des mineurs ainsi que le phénomène des bumsters comme on l'appelle ici. Les jeunes qui vont sur les plages pour tenter de séduire des vieilles femmes, des femmes souvent plus âgées qu'eux de 30 ans simplement pour gagner de l'argent. Un jeu purement intéressé", déclare-t-il.

Les autorités ont mis sur pied une force spéciale pour lutter contre la violence sexuelle contre les enfants dans le secteur du tourisme. Des organisations comme l'ONG gambienne, Child Protection Alliance et Terre des Hommes sont impliqués dans ces efforts de lutte. Avec le soutien des acteurs. Bunama Njie

"Nous travaillons avec la communauté internationale et les collectivités pour sensibiliser tout le monde sur ce mauvais côté pour lutter contre ces comportements. Entre autres par exemple, en tant qu'hôtel nous ne tolérons ici personne qui soit mineur. Tout mineur doit être accompagné. Nous surveillons les entrées et les sorties peu importe la couleur de la peau, nous veillons à bien contrôler qui entre dans nos locaux", soutient-il.

La récente crise politique a perturbé pendant 2 mois ce secteur clé de l'économie gambienne. Mais le calme de cette destination touristique présentée comme le sourire de la côté ouest-africaine, semble être de retour pour de bon. Avec peut être la possibilité pour les acteurs de développer certaines activités prometteuses comme les croisières fluviales, la pêche sportive et l'éco-tourisme.

Claude Foly,

BBC Afrique