Cameroun: ICG craint une insurrection armée dans les régions anglophones

Pour ICG, la crise actuelle est révélatrice des clivages francophones versus anglophones au Cameroun. Copyright de l’image ICG
Image caption Pour ICG, la crise actuelle est révélatrice des clivages francophones versus anglophones au Cameroun.

La crise socio-politique qui secoue les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun, depuis plus d'un an, mérite une réaction urgente du président Paul Biya, selon International Crisis Group, qui craint une insurrection armée si des mesures fermes ne sont pas prises.

"Au-delà de la question électorale, les violences sporadiques de ces derniers mois et les communications dans les réseaux sociaux ont montré que certains sécessionnistes seraient prêts à la lutte armée. L'ouverture d'un front à l'Ouest pourrait s'avérer dramatique pour le Cameroun, qui fait déjà face à Boko Haram à l'Extrême-Nord et à des miliciens centrafricains dans sa partie orientale", indique le rapport.

Pour ICG, la crise actuelle est révélatrice des clivages francophones versus anglophones au Cameroun.

"Les francophones sont peu au courant des fondamentaux du problème anglophone et regardent à la fois avec curiosité, méfiance et souvent moquerie les anglophones réclamant le fédéralisme ou la sécession. Les anglophones reprochent aux francophones leur manque de solidarité. Ils considèrent que leurs problèmes en tant que minorité sont mal compris", indique le document.

L'organisation estime que les violences d'octobre sont le signe "d'une forte détérioration de la situation et requièrent une réaction urgente du président camerounais Paul Biya ainsi qu'une réponse ferme des partenaires internationaux".

Au yeux du rapport de l'ICG d'août 2017, du fait de cette répression meurtrière, les rangs des sécessionnistes augmentent de jour en jour, et certains d'entre eux évoquent plus résolument l'idée d'une lutte armée ou l'« autodéfense ».

International Crisis Group considère que la crise ne sera résolue "ni par le déni, ni par la répression, mais par le dialogue et des réformes institutionnelles pertinentes".

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone, qui représente environ 20% des 22 millions de Camerounais et deux régions sur dix, proteste contre ce qu'elle appelle sa "marginalisation" dans la société.

Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme.

Une minorité réclame la partition du Cameroun.

Deux scénarios que refuse catégoriquement Yaoundé.

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