Burkina: la micro-agriculture pour l'autonomisation des femmes

Au Burkina Faso, des femmes, organisées au sein d'une association dénommée "La saisonnière"», sortent de la pauvreté grâce à la micro-agriculture à Ouagadougou, la capitale du pays.

Depuis une quinzaine d'années, elles ont développé des cultures sur tables avec des matériaux qu'elles fabriquent elles-mêmes. Leurs productions viennent d'être certifiées Bio.

Tout cela a été possible grâce à l'alphabétisation qui permet d'acquérir des connaissances au point d'intégrer les technologies pour l'écoulement des produits.

A l'origine de ce projet, Salimata Sebgo Hema, professeur de sciences naturelles des lycées à la retraite.

En 2003, alors qu'elle était coordonnatrice d'une association pour la promotion féminine, les femmes lui demandent des activités pour subvenir à leurs besoins.

C'est là qu'elle décide de lancer une association de femmes productrices.

Elle et la cinquantaine de femme de l'association obtiennent un terrain d'un hectare dans la banlieue de Ouagadougou pour mener les activités.

Le terrain sera subdivisé en plusieurs parcelles.

Chacune d'elle doit mettre en valeur selon les principes de l'association, la culture bio.

Odile Yelyoré Kaboré fait partie de celles-là.

En plein arrosage d'une pépinière, elle décrit comment s'y prendre pour protéger les cultures.

Salamata Sebgo Hema aidée par ses connaissances en sciences naturelles base la production à la saisonnière sur trois principes.

Le bon, le beau et le propre. il est strictement interdit d'utiliser des produits chimiques.

"Le bon parce que c'est bon à voir,...on utilise l'œil de papayer de nimes et souvent même quand c'est trop coriace on ajoute du piment."

Les insectes sont combattus par les produits naturels.

Les productions de l'association ont été certifiées bio par l'agence nationale de la certification biologique.

Pour accélérer cette réussite, Salamata Sebgo/Hema a ajouté l'alphabétisation dans son programme d'autonomisation des femmes.

Chaque membre doit obligatoirement suivre une formation de deux ans. Les modules dispensés sont orientés vers le jardinage.

"Les femmes qui sont là en train de faire le jardinage sont d'abord passé par l'alphabétisation".

Par le biais de l'alphabétisation en langue Mooré, ces femmes ont acquis des connaissances qui leur permettent d'utiliser même les technologies pour commercialiser leurs produits.

A travers les réseaux sociaux et les e-mails, les femmes de la saisonnière proposent leurs offrent et les livre à domicile au besoin.

"Nous avons une page Facebook où nous faisons nos publications; ...on constitue les paniers et n les livre."

Les produits se commercialisent sur place mais aussi dans les marchés stratégiques. Intéressé par les produits bios, l'institut français les invite tous les mercredis à un marché restreint organisé dans l'enceinte de l'établissement.

Un espace de commercialisation pour les expatriés vivant au Burkina explique Salamata Sebgo.

"Nous avons l'opportunité de participer à ce marché, tous les mercredis à partir de 16h...."

Micro-culture sur table

Florence Drabo, 17 ans, fixe les lattes d'une table en fabrication.

Le bruit de ses clous cache à peine celui de la scie qui fend du bois.

Depuis trois mois elle et ses camarades sont en apprentissage dans une menuiserie pour des outils qu'elles utiliseront pour faire de la micro-agriculture, c'est de la production hors sol.

Elles ont besoin pour cela de tables dont les dimensions doivent être très précises.

Jacques Zoundi, un menuisier professionnel a été engagé par l'association pour l'encadrement des filles.

Au milieu d'une dizaine de fille en formation, il suit chaque geste, corrige et donne des consignes.

Son rôle est de les amener à suivre les dimensions nécessaires qui permettent le développement optimal des plantes.

Juste en face deux tables déjà prêtes sont recouvertes de plastiques et disposées sur le site de production.

Alimata Sinaré Ouedraogo, animatrice de l'association prend le relais pour expliquer le mode d'utilisation.

"Si vous avez cette table, vous la remplissez de substrats...si l'eau coule sur les bois ça pourrit. Vous arrosez ça chaque semaine chaque matin ou chaque soir"

Un système de drainage particulier est prévu au niveau de la table prévoit.

L'arrosage doit être calculé afin d'éviter de noyer les plantes.

Sur le même site, une quinzaine de tables sont installées en trois lignes de cinq.

Des allées d'à peine 30 cm les séparent les unes des autres.

Entre les tables on découvre toutes sortes de plantes.

"C'est du poivron que nous avons plantés depuis pendant l'hivernage, on a associé du haricot pour que la terre soit fertile chaque fois il faut associe les culture", ajoute-t-elle.

Image caption La réussite de la production passe avant tout par la qualité de la terre sur la table.

La réussite de la production passe avant tout par la qualité de la terre sur la table.

La saisonnière a choisi une association de plusieurs composantes pour permettre aux plantes de se développer.

Ce sont les femmes elles-mêmes qui fabriquent leur compostage. Devant un tas de fumier en production,

Alimata Ouedraogo fait la démonstration.

Cette miro-culture a été choisi pour faire face à la rareté des sols cultivables dû à l'urbanisation à Ouagadougou.

Grâce au soutien de l'agence des Nations unies pour l'alimentation, Alimata Sinaré Ouédraogo a été formée dans un institut à Dakar au Sénégal.

Aujourd'hui elle est le formatrice de filles recrutées tous les deux ans par la saisonnière pour leur apprendre des activités génératrices de revenu.

Au-delà des tables, les femmes font aussi des productions sur des bidons transformés à cet effet.

Sur l'air d'exposition une table.

Image caption Visite guidée avec Alimata Sinaré Ouedraogo

On trouve des légumes mais aussi des pommes de terre.

Parmi les clients, Annick, habitué du marché, apprécie particulièrement les produits des femmes de la saisonnière.

"Ça coute combien? C'est vraiment important de consommer les produits burkinabè", indique-t-elle.

C'est cela qui permet à Adjarata Deme Ouedraogo d'écouler ses produits. Inscrites dans l'association depuis 15 ans, elle a vu sa condition économique changer.

Désormais, elle peut contribuer à la vie de la famille et aider son époux dit-elle.

L'amélioration des conditions économiques a aussi forcé le respect des hommes vis à vis des femmes, reconnait Odile Kaboré avec le sourire.

Fini les querelles de foyer liées aux finances.

"Si tu restes à la maison sans faire quelque chose ça peut provoquer des querelles, ça cause des problèmes dans la famille comme ça."

Au-delà de la saisonnière Salamata Sebgo et son association veulent vulgariser la micro-agriculture dans la ville de Ouagadougou et particulièrement pour les femmes.

L'objectif à terme est de permettre à chaque citoyen de produire à l'intérieur de sa concession.

La formation des jeunes filles répond à cette vision.

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