Massacre RDC : "ils ont tué des innocents"

BBC

Entre violence, horreur et fosses communes, le Kasaï est actuellement touché par une crise alimentaire causée par le déplacement d'agriculteurs qui ne peuvent plus nourrir leur famille.

Les violences qui ont commencé au printemps dernier sont le résultat d'un conflit de longue date entre les rebelles d'un cote, et de l'autre, un gouvernement jugé corrompu, la police et l'armée redoutées pour leur brutalité.

A l'origine, il s'agissait d'un conflit coutumier qui opposait le gouvernement et l'autorité d'un chef traditionnel, Kamwina Nsapu.

Depuis août 2016, le Kasaï a brutalement sombré dans la violence. La région est en proie à de violents affrontements qui opposent l'armée aux insurgés Kamwina Nsapu, partisans du chef traditionnel local tué par les forces de l'ordre.

Les autorités judiciaires congolaises n'ont cessé d'annoncer la découverte de nouvelles fosses communes. Les Nations unies ont documentés des massacres de soldats, de policiers et de miliciens. Les civils pour leur part ont évoqué le massacre d'innocents.

Depuis le début de ce conflit, l'Église catholique dénombre plus de 3000 morts.

L'ONU pour sa part a recensé plus de 1,4 millions de déplacés, dont 850 000 enfants et un demi million d'enfants risquant de mourir de faim.

Fergal Keane, correspondant Afrique de la BBC, s'est rendu dans la région. Voici ce qu'il a retenu :

"Au cours des deux semaines que nous avons passées au Kasaï, les conséquences de la violence ont été choquantes.

Nous l'avons vu dans le corps squelettique d'enfants mal nourris, les regroupements de femmes et d'enfants encore réfugiés dans les églises, et nous avons entendu les témoignages de ceux qui avaient survécu à des atrocités d'une immense cruauté.

Il y a eu des décapitations de masse par les milices. Les villageois ont été abattus par des soldats.

Image caption Des femmes et des enfants sont encore réfugiés dans les églises

Une femme a été dépouillée, battue, violée publiquement puis décapitée parce qu'elle avait été accusée de trahison par la milice Kamwina Nsapu. Ils ont forcé son beau-fils à accomplir des actes sexuels sur elle."

Fergal Keane a rencontré une femme près de la ville de Tshimbulu, dans la région du Kasaï central, dont le fils de 12 ans avait été enterré dans une fosse commune.

"Les militaires enterraient les corps, on a vu où ils les ont ensevelis et comment ils ont creusé pour enterrer les cadavres ... certains ne pouvaient pas avoir plus de 12 ans", a-t-elle dit.

"Ils n'ont pas seulement tué les miliciens, ils ont tué des innocents."