Al-Sissi limoge le chef des renseignements généraux

En nommant son plus proche lieutenant, le chef de l'Etat Abdel Fattah al Sissi indique à la fois son mécontentement et sa volonté de remettre lui-même en ordre ces services. Et ce à deux mois des élections présidentielles. Copyright de l’image AFP
Image caption En nommant son plus proche lieutenant, le chef de l'Etat Abdel Fattah al Sissi indique à la fois son mécontentement et sa volonté de remettre lui-même en ordre ces services. Et ce à deux mois des élections présidentielles.

En Egypte, le chef des renseignements généraux vient d'être sanctionné par le président Abdel Fattah al Sissi qui l'avait lui-même nommé il y a trois ans.

Khaled Fawzy est démis de ses fonctions et remplacé par le plus proche collaborateur du président égyptien, son directeur de cabinet Kamel Abbas.

Un changement qui intervient au moment où le renseignement égyptien est au cœur de plusieurs polémiques.

Ce limogeage surprise et sans explication officielle pourrait être lié aux dernières révélations chocs du New York Times sur l'attitude de l'Egypte vis-à-vis du déménagement de l'ambassade américaine à Jérusalem.

Conséquence de la reconnaissance de Jérusalem par Trump

En effet selon le quotidien américain, un agent des renseignements égyptien aurait tenté d'influencer des figures médiatiques et l'opinion égyptienne en faveur de la décision de Trump, pourtant très critiquée et condamnée par tous les états arabes.

L'Egypte a nié ces accusations et même annoncé une enquête contre le journal mais cette affaire révèle au minimum que des dissensions profondes existent au sein des services de renseignements que Khaled Fawzy était censé superviser et contrôler.

Un scandale embarrassant d'autant plus que ces services sont accusés d'inefficacité pour ne pas avoir su prévenir et empêcher l'attentat le plus meurtrier de l'Histoire de l'Egypte, le 25 novembre dernier, 308 fidèles ont péri dans l'attaque de leur mosquée au Nord du Sinaï.

Cet échec sanglant de la lutte antiterroriste tient en partie au manque de coopération entre les services de renseignements de l'armée et ceux rattachés au président.

En nommant son plus proche lieutenant, le chef de l'Etat Abdel Fattah al Sissi indique à la fois son mécontentement et sa volonté de remettre lui-même en ordre ces services. Et ce à deux mois des élections présidentielles.

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