Afrique du Sud : le trompettiste Masekela est mort

Image caption Hugh Masekela a commencé à jouer de la trompette à l'âge de 14 ans.

La légende sud-africaine du jazz, le trompettiste Hugh Masekela, est décédé mardi à l'âge de 78 ans des suites d'un cancer de la prostate.

Masekela a rendu l'âme dans un hôpital de Johannesburg, selon sa famille.

Le trompettiste était l'un des musiciens les plus célèbres d'Afrique du Sud.

Né dans un bidonville du nord-est de son pays, Hugh Masekela a commencé à chanter et à jouer du piano en étant très jeune.

A 14 ans seulement, il prend la trompette après avoir vu un film de Hollywood consacrée à la carrière d'un musicien de jazz américain.

Sa première trompette lui a été offerte par Trevor Huddleston, un archevêque anglais qui a combattu l'apartheid, l'ancien régime de ségrégation raciale en Afrique du Sud.

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Image caption Masekela a pris part à un concert d'ouverture de la Coupe du Monde 2010 de football en Afrique du Sud, aux côtés du musicien nigérian Femi Kuti.

Avec quelques camarades, Hugh Masekela a fondé le Huddleston Jazz Band, le premier orchestre constitué de jeunes musiciens sud-africains.

A la fin des années 1950, il est allé en Amérique, où il se lie d'amitié avec le musicien Harry Belafonte.

L'apartheid a inspiré sa musique, qui dépeint les peines, les joies et les passions de ses compatriotes.

En 1961, à la suite du massacre de Sharpeville, Masekela s'exile aux États-Unis, où il épouse la chanteuse Miriam Makeba. Ils divorcent deux ans plus tard.

"Bring Him Back Home", l'un des titres de son album "Tomorrow" sorti en 1987, réclamait la liberté pour Nelson Mandela, le militant anti-apartheid emprisonné pendant près de trois décennies, futur président de l'Afrique du Sud à sa sortie de prison.

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Image caption Hugh Masekela lors d'un concert avec le musicien américain Paul Simon, l'un de ses nombreux amis, en 2014.

Masekela rentre d'exil en 1990 après la libération de Mandela et publie une autobiographie dans laquelle il explique son combat personnel contre l'apartheid et l'alcoolisme.

En juin 2010, il s'est produit au concert d'ouverture de la Coupe du monde de football.

Sa famille salue dans un communiqué sa "contribution militante à la musique, au théâtre et aux arts en général".

"Nous sommes bénis et reconnaissants de faire partie d'une vie et d'un héritage toujours grandissant d'amour, de partage et de créativité (…) qui s'étend sur six décennies", a commenté sa famille dans un communiqué.

"C'est une perte incommensurable pour le monde de la musique et le pays tout entier. On n'oubliera pas sa contribution à la lutte pour la libération", a réagi le président sud-africain Jacob Zuma.

Le musicien sud-africain Loyiso Bala a rendu hommage à un "mentor". "Vous allez beaucoup nous manquer", ajoute-t-il sur Twitter.