Sénégal: la défense de Khalifa Sall a misé sa dernière carte

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Image caption Les avocats et les partisans du maire de Dakar dénoncent un acharnement politique.

La défense du maire de Dakar, Khalifa Sall, jugé pour détournement de fonds publics avec sept de ses collaborateurs, a réclamé lundi une annulation de la procédure et sa relaxe, alors que le parquet a requis contre lui une peine de sept ans de prison.

"Je vous demanderai d'annuler la procédure et d'ordonner la main levée des mandats de dépôt", a déclaré au juge du tribunal correctionnel de Dakar Me Bamba Cissé, l'un des avocats de Khalifa Sall. L'absence d'un avocat lors de la garde à vue est, selon lui, l'un des motifs d'annulation de la procédure.

"Et tout compte fait, enchaîne l'avocat de Khalifa Sall, le Sénégal est un Etat de droit (...). Cet homme est un homme politique depuis son jeune âge. Le juge est en train de juger un député à l'Assemblée nationale. Il est inculpé pour des infractions violentes qui portent atteinte à sa personnalité. La justice est instrumentalisée dans nos pays. Il y a des curiosités dans ce dossier."

Sept ans requis contre Khalifa Sall

Khalifa Sall, 62 ans, et ses co-prévenus (le directeur administratif et financier, des comptables, un secrétaire...) sont jugés pour le détournement présumé de 1,83 milliard de FCFA (2,8 millions d'euros) prélevés, selon l'accusation, pendant plusieurs années dans les caisses de la mairie.

Ils sont accusés de "faux et usage de faux en écriture de commerce, faux dans les documents administratifs, escroquerie portant sur les deniers, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et complicité de détournement de deniers publics".

Le procureur a requis vendredi sept ans ferme et une amende de 5,49 milliards de francs CFA (8,37 millions d'euros) contre Khalifa Sall et le directeur administratif et financier de la Ville de Dakar, Mbaye Touré.

L'Etat du Sénégal réclame pour sa part plus de 10 millions d'euros de dommages et intérêts au maire et à ses co-accusés.

Pour Khalifa Sall, ce procès vise avant tout à l'empêcher de se présenter face à Macky Sall lors de la présidentielle de 2019.

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