Sénégal : des leaders de l'opposition arrêtés

L'opposant Idrissa Seck, ici en 2012, a été arrêté jeudi à Dakar. Copyright de l’image Getty Images
Image caption L'opposant Idrissa Seck, ici en 2012, a été arrêté jeudi à Dakar.

Des leaders de l'opposition sénégalaise ont été appréhendés par la police aux alentours du périmètre de sécurité installé par la police pour bloquer l'accès à la Place Soweto.

L'ancien Premier ministre Idrissa Seck, président du parti Rewmi, Malick Gakou, président du Grand Parti et Thierno Bocoum ont été arrêtés par la police.

Un important dispositif de sécurité est déployé aux alentours de l'Assemblée nationale sénégalaise où le projet de loi sur le parrainage est en train d'être examiné pour être voté par les députés.

Selon le correspondant de la BBC sur place, tous les accès menant à la place Soweto sont bloqués par les forces de l'ordre fortement armées.

Seuls les journalistes et les députés sont autorisés à franchir le périmètre de sécurité menant à l'Assemblée nationale.

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La police lance des grenades lacrymogènes aux manifestants à l'Assemblée nationale.

Des groupuscules de manifestants qui ont essayé de forcer les barrages pour accéder à l'Assemblée nationale ont été repoussés par des gaz lacrymogènes.

Les membres de l'opposition avaient promis mercredi de prendre d'assaut l'Assemblée nationale pour empêcher le vote de ce projet de loi sur le parrainage qu'ils estiment être un "recul démocratique".

Le gouvernement sénégalais a introduit ce projet de loi pour élargir le parrainage à tous les partis politiques.

Guerre de procédures à l'hémicycle

Les députés se sont lancé des pics à l'hémicycle au moment des débats précédant le vote de la loi sur le parrainage.

Pour la députée de l'opposition Aida Mbodj, le "projet de loi est contesté jusqu'au sein même de la majorité".

Elle a signalé que tout le souhait du président de la République, "c'est d'avoir la mainmise sur les futurs candidats à la présidentielle de 2019".

Son collègue de l'opposition le marabout Serigne Abdou Bara Dolly Mbacké a fait écouter à ses collègues sur son téléphone portable des propos du président Macky Sall, relatant la corruption de certains députés de la majorité au cours du vote de certains projets de loi.

Selon lui, le ministre de la Justice Ismaila Madior Fall défend le projet de loi sur le parrainage parce qu'il sait qu'il sera démis s'il n'est pas adopté.

"Je sais que si ce projet de loi n'est pas adopté tu seras viré du gouvernement", a déclaré le marabout.

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Image caption La députée de l'opposition Aida Mbodj, ici lors de la 11e législature, a rejeté le projet de loi (illustration).

Moustapha Guirassy, un autre député de l'opposition, a proposé le retrait sans condition de ce projet de loi. Il estime que ledit projet ne doit pas être voté sans que le peuple n'ait été consulté.

"Prendre une décision sans passer par la voie référendaire, c'est tout à fait irresponsable. J'en appelle à la responsabilité et au retrait de ce projet de loi", a-t-il affirmé.

Le député libéral Toussaint Manga a déchiré le texte du projet de loi et l'a jeté par terre.

Le président de l'Assemblée nationale a été obligé de suspendre la séance, après des moments de perturbation.

Par contre, tous les députés de la mouvance présidentielle, à l'image de Moustapha Cissé Lô, ont tous affirmé leur adhésion et leur disposition à voter cette loi.

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Les différents candidats, tous sans exception, doivent d'abord être inscrits sur le fichier électoral et obtenir le parrainage de 1% du corps électorale, représentant près de 65.000 signatures dans au moins sept régions.

Le gouvernement explique que cette mesure vise à éviter toute sorte de régionalisme.

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