Regain de violence à Buéa au Cameroun

Copyright de l’image AFP
Image caption Les patrouilles de la police à Buea

Au Cameroun, les séparatistes attaquent de plus en plus les grandes villes alors que ce n'était pas le cas avant.

Au moins 4 personnes ont été tuées à Buea, la capitale de la région anglophone du sud-ouest.

Les séparatistes armés qui ont décrété tous les lundis journées villes voulaient contraindre les habitants de cette partie à respecter ce mot d'ordre en s'attaquant en pleine journée aux forces de l'ordre positionnées dans la ville.

C'est la première fois que cette ville subit une attaque pareille depuis le début de la crise.

Ces attaquent se multiplient alors que le gouvernement veut exécuter dès cette semaine son plan d'assistance humanitaire dans les villes anglophones.

Incendie et coups de feu

Copyright de l’image AFP
Image caption Une marche pacifique

A Bamenda, capitale de la région anglophone du Nord-Ouest, un groupe de séparatistes a incendié quatre taxis et plusieurs motos près du quartier universitaire de Bambui.

Des coups de feu ont été tirés en l'air pour contraindre les populations à fermer boutique et cesser toute activité.

A Buea, capitale de la région anglophone du Sud-Ouest, un autre groupe de séparatistes s'est attaqué aux forces de l'ordre au centre ville, dans une tentative de faire respecter le mot d'ordre de ville morte.

Lire aussi

Cameroun : des évêques pour le retour du fédéralisme

Biya, le "président absent" du Cameroun

Quatre militaires tués au Cameroun

Les échanges de coups de feu ont causé la mort d'au moins quatre personnes selon des sources concordantes.

Depuis plusieurs jours, les affrontements armés entre force de l'ordre et séparatistes ont lieu dans le plus souvent dans les grandes métropoles des villes anglophones.

Parfois en plein journée, on voit des hommes armés se présentant comme des séparatistes anglophones rôder dans les artères de Bamenda, Kumba, Buea, au vu et au su de la population.

Peur des populations

Certains habitants déclarent que leurs vies seraient en danger s'ils osent les dénoncer.

Ils ont au préalable reçus les menaces d'enlèvements, sans parler de représailles telles que des assassinats, des incendies des commerces et des biens.

Sans le vouloir, certains habitants de ces régions anglophones ont pour la plupart pris le parti de la cause séparatiste, "par peur des représailles". Des images et des vidéos visibles sur les réseaux sociaux montrent des populations qui à l'arrivée des séparatistes armés, applaudissent et chantent à l'unisson en faisant le tour de certaines localités.

A l'approche des forces de l'ordre dans l'un ou l'autre cas, les séparatistes disparaissent sans laisser de traces.

"Il suffit qu'une personne se mette à courir pour que tout le monde commence à courir dans toutes les directions. Tout le monde a peur", témoignent des habitants de Bamenda.

Copyright de l’image AFP
Image caption Les populations ont peur dans les régions anglophones

Pour rassurer les populations, il y a un grand renfort des éléments des forces de l'ordre.

Ces force de défense camerounaises patrouillent sur les axes routiers qui parfois s'enfoncent dans la forêt dense. Et se font souvent attaquer.

Lire aussi

Cameroun-Nigeria : un accord sur le rapatriement

Le Cameroun, leader de la banane

Cameroun : trafic d'ossements humains à Bamenda

Dans le Sud-Ouest comme dans le Nord-Ouest, plusieurs membres des forces de sécurité ont été tués depuis novembre 2017 par des séparatistes lors d'attaques isolées.

Les bilans varient au gré des sources, dans un conflit où l'accès indépendant à l'information est quasi impossible, selon un défenseur des droits de l'homme.

Sur le même sujet