Londres admet que les expulsions de Chagos sont "honteuses"

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Image caption L'ancien président mauricien Anerood Jugnauth a réaffirmé la souveraineté de son pays sur les Chagos

Le Royaume-Uni a présenté ses excuses lundi devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour les expulsions de Chagossiens.

Les représentants du Royaume-Uni ont éprouvé du regret pour ce qu'ils qualifient de "manière honteuse" dont les résidents des îles Chagos ont été expulsés de ce territoire situé dans l'océan indien.

Le Royaume-Uni a toutefois insisté sur le fait que Maurice a eu tort de porter le différend relatif à la souveraineté des îles Chagos devant la Cour internationale de justice (CIJ), estimant que l'affaire était "purement bilatérale".

Au début des années 70, le Royaume-Uni a expulsé près de 2.000 résidents des Chagos à Maurice et aux Seychelles pour ensuite installer une base militaire stratégique.

"La manière dont les Chagossiens ont été ensuite traités est honteuse et nous la regrettons vivement", a affirmé le député britannique et conseiller juridique du gouvernement britannique, Robert Buckland.

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Il a ensuite demandé aux juges de la CIJ de "renoncer à donner leur avis sur" le différend territorial.

Les avocats mauriciens ont déclaré aux juges que les îles Chagos faisaient partie de son territoire. Maurice a dû s'en séparer au profit du Royaume-Uni "sous la contrainte".

"Plus de cinquante ans après l'indépendance, le processus de décolonisation de Maurice reste incomplet" a déclaré l'ancien président mauricien Anerood Jugnauth.

Le découpage territorial a été effectué "sous la contrainte" dans le cadre des pourparlers pour l'indépendance de l'île Maurice accordée trois ans plus tard par Londres.

La Cour internationale de justice (CIJ), rendra une décision non contraignante.

La session ouverte lundi est la conséquence d'une résolution adoptée en juin 2017 par l'Assemblée générale de l'ONU.

Dans un revers diplomatique infligé à Londres, le texte présenté par Maurice et soutenu par les pays d'Afrique demandait à la CIJ son avis dans ce litige qui dure depuis plus d'un demi-siècle.

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