La carte d'identité gambienne de nouveau disponible

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Image caption Le choix du président Adama Barrow contesté dans son propre camp

La Gambie reprend la délivrance de la carte nationale d'identité. Une routine administrative suspendue depuis deux ans dans le pays.

C'est la société belge Semlex qui confectionne la nouvelle carte nationale d'identité biométrique gambienne.

Un contrat attribué par le gouvernement d'Adama Barrow au moment où l'Assemblée nationale mène une enquête sur Semlex.

Semlex n'est pas en terrain inconnu en Gambie. En 2015, l'ancien président de la République avait demandé à la société gambienne Pristine d'arrêter la confection de la carte nationale d'identité.

La société belge Semlex obtient le contrat mais n'aura pas le temps de s'installer. Yahya Jammeh rompt le contrat. Depuis lors, il n'y a plus eu de délivrance de carte nationale d'identité en Gambie pendant deux ans.

En juillet dernier, le gouvernement annonce le retour de Semlex. L'Assemblée nationale décide alors d'ouvrir une enquête parlementaire.

"Nous avons besoin d'investisseurs dans notre pays pour faire des affaires. Nous ne pouvons pas signer un contrat et l'annuler soudainement, de façon unilatérale. Au-delà de l'aspect financier, il s'agit de la perception que les investisseurs se font de notre pays" souligne Kanyi Jobe, conseillère juridique du ministre de la Justice de Gambie.

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Il y a deux semaines, Semlex a commencé la délivrance de la nouvelle carte nationale d'identité biométrique. Cela, sans attendre les conclusions de l'enquête parlementaire sur les circonstances d'attribution du marché.

"Une société gambienne Pristine a manifesté son intérêt. Il leur a été demandé de participer à un appel d'offres. Pristine a accepté et Semlex a refusé de soumissionner. Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi Semlex alors qu'une enquête parlementaire est en cours ?" s'interroge Madi Ceesay, député de la majorité présidentielle.

En Belgique, le groupe Semlex est sous le coup d'une enquête judiciaire pour corruption et blanchiment d'argent présumés.

Un sujet qui s'invite à Banjul dans le débat sur la gestion des données personnelles collectées par Semlex.

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"Les données et la propriété intellectuelle appartiennent exclusivement à la Gambie et la Gambie a choisi de désigner Semlex comme gestionnaire de ces données" rappelle Kimbeng Taal, un autre conseiller juridique au ministère gambien de la Justice qui estime qu'il "n'y a rien à craindre".

L'explication ne convainc pas la députée de la coalition au pouvoir Touma Njie.

"Le gouvernement de Gambie n'a pas les capacités de bien gérer ces données. Comment Semlex va-t-elle gérer des informations que le gouvernement gambien est incapable de contrôler ? "

Dans le camp d'Adama Barrow, de nombreuses interrogations persistent quant au choix de Semlex pour gérer les données personnelles des Gambiens et pour reprendre l'opération de distribution des cartes nationales d'identité.

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