Les burkinabés subissent la hausse des prix du carburant à la pompe

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Image caption Les consommateurs s'inquiètent d'une hausse généralisée des prix

Depuis le 9 novembre les burkinabé subissent la hausse des prix du carburant à la pompe.

Les prix du super et du gasoil augmentent de 75 francs.

Les citoyens parlent d'une dégradation du pouvoir d'achat et disent réduire les courses.

Les responsables des stations-services constatent une diminution de la consommation.

Dans une station de la capitale burkinabé, Ouagadougou, Hélène Traoré demande un ravitaillement d'essence super pour sa moto d'un montant de 500 francs.

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C'est juste un peu plus de la moitié d'un litre de carburant qui lui sera servi car depuis l'augmentation des prix, les choses ont changé.

"Ce n'est pas du tout facile car la distance qu'on arrivait à parcourir par le passé n'est plus désormais possible aujourd'hui avec cette hausse" indique Hélène Traoré.

La hausse ne se fait pas sentir seulement dans les réservoirs des deux roues : tous les usagers burkinabés estiment que cette hausse n'est pas du tout facile à supporter.

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Seydou Guira vient de stationner.

Il baisse la vitre de sa voiture et fait signe de la main au pompiste avec un billet de 10.000 francs.

Avec ce même montant, il avait droit à 16,6 litres de carburant.

Mais cette fois, il doit se contenter de 14,7 litres soit à peu près deux litres de moins.

"On souffre parce qu'on ne s'en sort pas. Tu mets un peu de carburant dans le réservoir et juste après tu dois faire un nouveau ravitaillement. C'est difficile parce que le pouvoir d'achat n'a pas évolué pendant ce temps. Les salaires sont toujours les mêmes : on est obligé de subir", se désole l'automobiliste.

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Les gérants de stations constatent déjà une baisse des ventes. Cahier de compte en main, Lassane Kabre nous en donne la preuve.

"Depuis l'augmentation des prix, les ventes ont aussi baissées. L'augmentation est survenue le 9 novembre. La veille nous avons vendu 8.000 litres mais depuis nous sommes passés d'une moyenne de 6000 à 5.000 litres jours à 4.000 ou 2.000 litres par jour".

Au-delà du carburant, Abdoulaye Ouedraogo craint une répercussion sur les autres produits de bases.

C'est connu, la hausse du prix du carburant entraine une réaction en chaine avec la hausse du prix des transports et des aliments de grande consommation.

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Malgré l'annonce du gouvernement d'un accord avec les transporteurs pour maintenir inchangés les prix des transports et des marchandises, Abdoulaye n'y croit pas.

"Il y aura forcément une répercussion même si le gouvernement indique que le prix du transport restera inchangé".

Les organisations de la société civile prévoient une manifestation nationale le 29 novembre pour contraindre le gouvernement à revoir sa mesure.

Les autorités de leur côté parlent d'un effort de guerre contre le terrorisme.

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