L'UA appelle à une suspension de la proclamation des résultats en RDC

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Image caption Une délégation de haut niveau de l'UA se rendra en urgence en RDC dans les prochains jours.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UA, présents à la réunion de haut niveau ont conclu que "des doutes sérieux pesaient sur la conformité des résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale indépendante avec les suffrages exprimés".

Ces chiffres ont donné la victoire à un candidat de l'opposition, Félix Tshisekedi, mais un autre opposant affirme avoir gagné les élections.

Les partisans de Martin Fayulu affirment que M. Tshisekedi a conclu un accord de partage du pouvoir avec le président sortant Joseph Kabila, ce que le camp Tshisekedi le nie.

La Cour constitutionnelle devrait se prononcer dans les prochains jours sur la requête en annulation des résultats introduite par le candidat Martin Fayulu.

Un certain nombre de chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA se sont réunis jeudi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, et ont publié une déclaration sur la situation politique en RDC.

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"Il y avait de sérieux doutes quant à la conformité des résultats provisoires, tels que proclamés par la Commission électorale nationale indépendante".

"Par conséquence, l'UA a demandé la suspension de la proclamation des résultats définitifs des élections."

Une mission de l'UA est attendue à Kinshasa lundi pour une rencontre avec les acteurs politiques dans le pays.

Que pourrait faire la commission électorale ?

S'il est confirmé, le résultat des élections va consacrer le premier transfert démocratique du pouvoir depuis l'indépendance de la RDC en 1960.

La commission électorale a indiqué que M. Tshisekedi avait obtenu 38,5% des voix, contre 34,7% pour M. Fayulu. Emmanuel Shadary, candidat à la coalition au pouvoir, a obtenu 23,8 %.

Toutefois, M. Fayulu a indiqué que M. Tshisekedi a passé un accord avec le Président Kabila, qui est en fonction depuis 18 ans.

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M. Fayulu a interjeté appel devant la Cour constitutionnelle samedi dernier pour demander un recomptage manuel des voix.

Un verdict pourrait être rendu dès vendredi, et les experts disent qu'il y a trois issues possibles.

Le tribunal pourrait confirmer la victoire de M. Tshisekedi, ordonner un nouveau dépouillement ou annuler les résultats et convoquer de nouvelles élections.

Mais la Cour n'a jamais inversé de résultats par le passé, et certains pensent que la plupart de ses juges sont proches du parti au pouvoir.

Les autres réactions

L'annonce de M. Tshisekedi comme vainqueur a également été contestée par l'Eglise catholique influente qui affirme avoir déployé 40.000 observateurs électoraux à travers le pays.

Des experts internationaux basés aux États-Unis et les gouvernements français et allemand ont également émis des doutes.

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Image caption Le suspense reste entier autour de la victoire de Félix Tshisekedi

Pendant ce temps, l'ONU affirme que des violences ethniques dans l'ouest du pays ont fait au moins 890 morts en seulement trois jours le mois dernier.

Des affrontements entre les communautés Banunu et Batende ont eu lieu dans quatre villages de la région de Yumbi du 16 au 18 décembre, selon le Bureau des droits de l'homme des Nations Unies.

Le vote pour la présidentielle a été reporté à Yumbi en raison de ces violences.

La plus grande partie de la population de la région aurait été déplacée, y compris quelque 16.000 personnes qui se sont réfugiées au Congo-Brazzaville en traversant le fleuve Congo.

Quelque 465 maisons et bâtiments ont été incendiés ou pillés, dont deux écoles primaires, un centre de santé et le bureau de la commission électorale indépendante, selon l'ONU.

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