L'Université de Pretoria abandonne l'afrikaans

Une manifestation d'étudiants contre la prédominance de l'afrikaans sur l'anglais. Copyright de l’image AFP
Image caption Une manifestation d'étudiants contre la prédominance de l'afrikaans sur l'anglais.

Les responsables de cette institution universitaire de premier plan en Afrique du Sud ont abandonné l'afrikaans comme langue officielle au profit de l'anglais.

Cette décision a été prise pour "transformer la culture" de ladite université, pour la rendre "véritablement sud-africaine", selon ses dirigeants.

L'anglais est la langue d'enseignement préférée de nombreuses personnes en Afrique du Sud.

La politique linguistique afrikaans a historiquement été utilisée pour exclure les apprenants noirs, dans un pays où le racisme reste une préoccupation majeure, vingt-cinq ans après la fin de l'apartheid, la domination de la minorité blanche.

L'afrikaans est une langue germanique issue du néerlandais. Elle est encore parlée par des millions de personnes.

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Image caption L'anglais a maintenant le même statut que l'afrikaans à l'Université de Stellenbosch (Afrique du Sud), à la demande des étudiants.

Mais l'initiative de l'Université de Pretoria pourrait permettre aux millions d'autres qui ne la parlent pas de se sentir bienvenus dans l'une des meilleures institutions universitaires du pays.

L'"AfriForum", un groupe de défense des droits civiques des Afrikaners, a fait part de son désaccord avec la réforme proposée par l'Université de Pretoria.

Le ministre sud-africain des Finances, Tito Mboweni, s'est également immiscé dans le débat. Il affirme que les responsables de cette université regretteront, dans les années à venir, la décision de laisser tomber l'afrikaans.

"Je suis en désaccord (...) avec l'abandon progressif de l'afrikaans comme l'un des moyens d'enseignement à l'Université de Pretoria. En tant que pays, vous (...) le regretterez dans 30 ans", écrit-il sur Twitter.

"Cette décision a été prise à l'issue d'une longue concertation, et non du jour au lendemain", a dit le porte-parole de l'Université de Pretoria.

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